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Répondre: Les capiotes.

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il y a 3 mois 1 semaine #238

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Merci pour les renseignements.
Pouvez-vous me contacter à cette adresse, j'aimerai approfondir le sujet avec vous.
Amicalement votre.
--
Noël Villechauvin
il y a 3 mois 1 semaine #237

pierre

Des compléments à cet article :
- Le jeu était aussi pratiqué en Nontronnais (récit de P. Turquet) et mon épouse a pratiqué le jeu avec son père dans les années 50-60 (à Neuvic)
- Christian Bonnet a fait une thèse sur "Capiote, pastorale limousine". Parution 1978
- Enfin je vous signale un article paru dans les Annales du Midi en 1911, disponible en ligne ( www.persee.fr/doc/anami_0003-4398_1911_num_23_90_7794 ) ou sans doute à la bibliothèque de la SHAP à partir de la réouverture en octobre.

Pierre Besse
il y a 3 mois 1 semaine #235

VILLECHAUVIN Noël

Les capiotes



Le 2 juil. 2017 à 18:57, Noel VILLECHAUVIN <Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.> a écrit :

Vous souvenez-vous du temps des CAPIOTES ? Probablement pas car il semble que cette coutume a disparu.
Le nom de ce jeu revient de temps en temps sur le tapis à l'occasion de réunions de vieux croulants.
----
Ça se déroulait tous les ans entre carnaval et les rameaux (ou Pâques) et il s'agissait d'un jeu consistant à surprendre un partenaire participant en le pointant du doigt et en criant "CAPIOTE !". En général il y avait les capiotes du matin et celles du soir puisque la journée de travail ne laissait pas de temps libre pour se cacher, se faufiler et déployer des ruses de Sioux afin de surprendre son ou sa partenaire de jeu.
Il y avait des règles librement établies, la plus courante étant l'interdiction de "capioter" à l'intérieur des maisons ou des bâtiments. Jeune garçon je jouais un déjeuner avec un copain (Gaby Peytoureau) tandis que les plus grands jouaient avec une copine. Un baiser pour le gagnant ça permettait d'amorcer des relations plus suivies.
Après de longues recherches auprès de mes copains de promo, d'armée et d'ailleurs je n'ai pas réussi à trouver trace de ce jeu ailleurs que dans la vallée de l'Isle en Dordogne et, encore plus précisément dans le canton de Neuvic.
Sur Internet je n'ai trouvé que deux fois le mot Capiotes dont une chez F. Mistral qui signale l'existence de ce jeu en Limousin et une autre dans un ancien récit de voyage au Mont D'or (relevé par Paulette Koch).
«... mais je n'oublierai pas de parler d'un passe-temps qui sera d'un goût beaucoup plus général, et dont je n'ai pu trouver nulle part de trace historique, quoique ce soit un divertissement très en vogue dans l'Angoumois , dans la Marche , dans l'Auvergne , et surtout à Riom. Je veux parler du jeu de capiote, dont le nom seul désigne l'antiquité et l'origine. C'étoit chez les Romains une espèce de jeu qui sans doute avoit son rang et son nom. Il porte avec lui une publicité qui avoit une cause ou un but; il tient de la gaîté, de la liberté des Saturnales ; et s'il avoit une place, - c'étoit sans doute parmi les jeux compitaux. Le capiote est un défi entre deux personnes; il faut se surprendre; on se déguise , et le premier qui reconnoît l'autre, dit capio, et il gagne un point. On recommence jusqu'à ce qu'un des deux ait douze points. Le vaincu perd un déjeûner, un goûter, enfin tel prix convenu ; tous les amis profitent du résultat, de quelque côté que soit le succès, de sorte que les regardans suivent cet assaut de ruses avec le même plaisir que les acteurs qui s'y livrent, ce qui n'arrive pas toujours dans les spectacles de société... »
(Voyage au Mont D'or).




Force fut de me tourner vers des amis spécialistes en histoire, en lexicologie ou en civilisation romaine.
--

Noël Villechauvin

- Q-1 :
Première question à Madame Danielle Porte professeur de latin et de civilisation romaine à la Sorbonne.

- R-1:
...Non, je ne connaissais pas. Mais on peut s’instruire à tout âge !
Rapport avec le verbe latin « capere », attraper + le suffixe de fréquentatif « ote » = "à maintes reprises", ou « en essayant de » ? si toutefois ce n’est pas du patois local !
Bonne fin de dimanche !
D. P.
-Q-2 :
Elle décrit enfin des coutumes locales comme la capiote, jeu entre fiancés qui se déroulait du carnaval à Pâques, destiné « à rapprocher les deux jeunes. La magie du printemps aidant, bien des couples y ont trouvé le bonheur ».
« Mon seul souci est l'avenir, explique Paulette Koch.

- R-2 :
C’est bien l’étymologie qui m’est venue tout de suite à l’esprit : capio, capere : « essayer d’attraper ».
Les Compitalia ou Ludi Compitales sont des réjouissances populaires dans les carrefours (compita).
La chandelle brûle mieux ???
D. P.


COMPITALES, subst. fém. plur.
,,Fêtes que les Romains célébraient, dans les carrefours, en l'honneur des dieux domestiques`` (Ac. 1798-1878).
Prononc. et Orth. Dernière transcr. ds LITTRÉ : kom-pi-ta-l'. Ds Ac. 1762-1878. Étymol. et Hist. 1520 (MICHEL DE TOURS, trad. de Suétone, II, 60 ro ds HUG.). Formé sur le subst. neutre plur. lat. compitalia nom des fêtes données en l'honneur des Lares des carrefours (de Compitales [Lares], dér. de compitum, plur. compita « carrefour »). Fréq. abs. littér. : 1.

LARE, adj. et subst. masc.
Le plus souvent au plur. Dieu(x) lare(s) ou lare(s).
ANTIQ. ROMAINE. (Dieu) tutélaire, généralement du foyer domestique; statuette le représentant. Lares domestiques, paternels. On plaçait les lares, les dieux lares auprès du foyer (Ac.). Il [Romulus] était pour la cité ce que le premier ancêtre était pour la famille, un Lare familier (FUSTEL DE COUL., Cité antique, 1864, p. 177). Servius établit des dieux lares dans chaque carrefour de la ville, dans chaque circonscription de la campagne. Ils servirent de divinités à ceux qui n'en avaient pas de naissance (FUSTEL DE COUL., Cité antique, 1864, p. 370):

compitales « fêtes romaines en l'honneur des dieux domestiques » (LITTRÉ)

Pour Monsieur Jean Rigouste, grammairien, lexicologue, étymologiste, etc. la même question a donné la réponse suivante :

Les capiotes.
Cher ami,
J'avais déjà entendu parler de ce jeu ; il me semble qu'il y a une "pastorale limousine" (mais de qui ?) intitulée "Capiote !"
L'orthographe est bien Capiote, en occitan Capiòta. Le mot pourrait se rattacher (?) au verbe "capitar" : rencontrer, mais aussi réussir. Le cri pourrait alors signifier quelque chose comme "Un point pour moi ! "
Et vous ne m'importunez nullement : je suis très intéressé par tous les aspects de la culture de notre région !
Bien à vous
> J. Rigouste

Comme on peut le voir les réponses convergent vers une origine romaine.
En résumé je peux dire que l'origine de ce jeu remonte aux traditions romaines qui organisaient des fêtes en toutes occasions et en tous lieux pour honorer les dieux innombrables de leur panthéon : les Bacchanales pour Bacchus, les Saturnales pour Saturne etc.
Les Compitales sont consacrées aux dieux Lares qui étaient des dieux domestiques attachés aux foyers. Par extension, les fêtes données en leur honneur se déroulaient dans des lieux plus vastes et les carrefours menant aux cités convenaient bien lorsqu'on assimilait la cité à l'ensemble des foyers.
Je suppose que les jeunes romains et romaines se livraient à des jeux de cache-cache non exempts de rencontres clandestines amoureuses.
Ça durait depuis plus de deux mille ans mais l'accélération de la vie d'aujourd'hui a fait disparaître tout ça en une génération.

Article rédigé par Noël Villechauvin
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