Courrier - déc 2009

- Pour les amateurs de timbres relatifs à la Préhistoire, la Dordogne vient d’être gâtée par l’émission de quatre timbres consacrés à Lascaux par l’État de São Tomé e Príncipe. C’est un archipel volcanique de l’Atlantique sud, situé dans le golfe de Guinée, à 300 km des côtes du Gabon, portugais puis indépendant (200 000 habitants). Ces timbres (fig. 1) portent des photographies : l’un des bisons croupe à croupe de la Nef ; un cheval chinois du Diverticule axial ; la « licorne » ; le premier taureau de la Salle des Taureaux. Deux sont accompagnées de relevés de dessins rupestres du Levant espagnol, très anachroniques. L’image centrale du bloc est également un patchwork de dessins : un mammouth, les deux rennes de Font de Gaume, deux volcans, un reptile du Secondaire et un homme préhistorique fantaisiste.
- Le Dr Gilles Delluc (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) a retrouvé un souvenir du fils de Jean Jaurès sur les lieux de sa mort, près de Soissons. Loin de Nontron, sa ville natale. « Le village de Chaudun (Aisne), entre Soissons et Villers-Cotterêts, possède une rue Jean-Jaurès et, sous les platanes à l’entrée du bourg, un émouvant monument, inauguré par Léon Blum en 1936. Cette stèle est surmontée par le buste de Jean Jaurès (fig. 2). Mais l’inscription est la suivante : « Sur ce plateau est tombé Louis Jaurès, fils de Jean Jaurès, 3 juin 1918 ». Elle rappelle la mémoire du fils de Jean Jaurès et de son épouse Louise, né à Nontron le 27 août 1898. Paul, Auguste, Marie, Louis Jaurès était né à la sous-préfecture de cette ville assez fortuitement : sa mère était la fille de Jean Eugène Bois, sous-préfet de 1893 à 1899. Son père déclara lui-même l’enfant et lui fit donner le prénom de son propre frère, le futur vice-amiral Louis Jaurès. Jean Jaurès sera assassiné le 31 juillet 1914 par Raoul Villain. L’année suivante, Louis Jaurès, âgé de 17 ans, devance l’appel à Paris, au 2e bureau de la Seine. Engagé volontaire, il sert au 1er régiment de dragons puis au 10e bataillon de chasseurs à pied, sous les ordres du chef de bataillon Nicolas : « Quand on est le fils de Jean Jaurès, dit-il, on se doit de donner l’exemple. L’internationalisme philosophique n’est pas incompatible avec la défense de la Patrie ». Il trouve la mort à 20 ans, au cours de la bataille de l’Aisne, à la fin de la troisième offensive du général Erich Ludendorff, lancée le 27 mai depuis le Chemin des Dames. Elle fit en quelques jours 125 000 morts dans chaque camp. Mortellement blessé, le jeune aspirant meurt quelques heures plus tard à Prenant. Il sera cité à l’ordre de la Nation par le général Mangin et, le 6 juin 1922, il sera déclaré mort pour la France. Entre temps, Raoul Villain a été acquitté en mars 1919 et la veuve de Jean Jaurès contrainte de payer les frais de son procès... »
- M. François de La Clergerie (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ; tél. : 05 53 53 32 63) « tient à la disposition des membres de la SHAP tout le fruit de ses recherches depuis 1993, soit plus de 500 dossiers correspondant à ses recherches par radiesthésie sur les tombes, châteaux et souterrains, surtout du Périgord et, également, une vitrine contenant des fossiles minéraux et archéologiques. »
- M. François Labrue nous adresse une note sur l’immigration bretonne en Périgord au cours des années 1920, et tout particulièrement à Annesse-et-Beaulieu. Il se souvient que « pendant de nombreuses années, ces Bretons venaient à la messe du village, surtout les hommes dans leurs vêtements typiques (petit gilet court et coloré). On reconnaissait leurs noms de famille parce qu’ils commençaient par Le : par exemple, Le Goff, Le Laye. Ces agriculteurs avaient tous des chevaux pour travailler la terre et des vaches laitières pour fabriquer du beurre, qu’ils vendaient au porte à porte. Ils ne savaient pas « lier » une paire de boeufs. Parmi leurs coutumes, il ne fallait pas faire la lessive en novembre, car cela faisait mourir les hommes. » À cette époque le Finistère souffrait d’une insuffisance de fermes et de logements. C’est ainsi qu’une émigration bretonne fut organisée en Dordogne par les autorités concernées : les syndicats agricoles, le ministère de l’Agriculture, le préfet de la Dordogne, mais aussi les évêques de Quimper et de Périgueux. Les arrivées se firent « en 21 convois : 270 familles, entre 1921 et 1924 ; 300 familles en 1926 et 500 familles en 1930 (le mot famille est utilisé dans le sens de personnes d’une même famille,c’est-à-dire parents et enfants). En 1932, on recensa 20 000 hectares défrichés. On veilla à leur assurer assistance dans leurs démarches, leur adaptation, à les diriger dans des terres propres à leur culture : aussi ne les envoya-t-on pas dans le Bergeracois ou le Sarladais où on pratiquait la culture de la vigne et du tabac qu’ils ignoraient. Pour les encourager, l’abbé Sanchez, qui était vicaire près de Landernau et inspecteur des caisses rurales diocésaines, vint les visiter deux fois l’an. Puis en 1925, l’évêque de Quimper le nomma Aumônier des Bretons du Périgord. Il y eut pendant longtemps un grand pardon annuel qui rassemblait à Périgueux, Bretons en costumes traditionnels et Périgordins. » Le texte complet de cette note est déposé dans notre bibliothèque où il peut être consulté. Voir aussi : BSHAP, 1925, p. 46, 83, 141 ; 1968, p. 161 ; 2007, p. 232. Le Cheval d’Orgueil de P. J. Hélias (1975) fait état de cette migration.
- Mme Mercier, présidente de l’association des amis du musée de Petit- Bersac, rappelle que l’église de Petit-Bersac est de fonds roman (XIe et XIIe siècles). Malheureusement, comme l’écrit Jean Secret dans Les églises du Ribéracois (Périgueux, Fontas, 1958), elle « a perdu tout caractère lors de la restauration générale au XIXe siècle » (restauration de 1868 et reconstruction du clocher par Jules Mandin, architecte).
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