Courrier - 1er trimestre 2010

- M. Jean Batailler dresse le portrait d’un « Buguois oublié, Jacques Natanson (fi g. 1, portrait et affi che de La Ronde). Écrivain, réalisateur, scénariste et dialoguiste français, il était né à Asnières le 13 mai 1901. Il avait choisi, sur la fi n de sa vie, de venir vivre, 132 avec son épouse, rue de la Faure au Bugue. Il y est mort le 19 mai 1975. Son oeuvre est très importante : 10 pièces de théâtre entre 1921 et 1947 ; 3 romans : Manigances (1946), Le Club des ex (1948), La Nuit de Matignon (1960). Mais il travailla surtout pour le cinéma. En tant que réalisateur, il fi t 4 fi lms entre 1933 et 1936. Il écrivit 10 scénarios et dialogues entre 1933 et 1955, dont 5 avec Max Ophuls et, en particulier en 1951, La Ronde (qui reçut un oscar) et, en 1955, le célèbre fi lm Lola Montès. Son activité de dialoguiste est aussi très importante. 27 fi lms entre 1930 et 1954, dont quelques oeuvres célèbres : Michel Strogoff (1935), La Garçonne (1936), Tarass Boulba (1936), La Rage au corps (1954). Il travailla avec les plus grands réalisateurs de l’époque. Il fit seul 3 scénarios en 1929, 1934 et 1937. Durant sa vie parisienne, il eut quelques auteurs pour amis, en particulier : Marcel Pagnol, Marcel Achard, Roger-Ferdinand, Paul Nivoix, Steve Passeur, Alfred Savoir, Léopold Marchand. Sa fille, Agathe Natanson, est une brillante actrice et l’épouse de Jean-Pierre Marielle. Il repose au cimetière du Bugue ».
- Mme Barbara Sibille, attachée de conservation du patrimoine (Conservation du patrimoine départemental), signale que l’ange n° 55, pendentif sculpté naguère accroché à la voûte de la travée XIX (partie orientale) du cloître de Cadouin, est introuvable. Voici le cliché pris le 3 octobre 1988 . Certaines de ces clefs de voûte avaient été déposées il y a quelques années en raison des risques d’accident et mériteraient d’être remises en place. Cette sculpture de l’extrême fi n du XVe siècle vient s’ajouter à la liste déjà trop longue des sculptures baladeuses de Cadouin (voir BSHAP, t. CXXXV, 2008, p. 703-730).
- Mme et M. Brigitte et Gilles Delluc (gilles.delluc@ orange.fr) envoient une note sur leurs recherches en cours à la grotte de Villars. « Lors de leur mission 2009 à Villars, dans le cadre des recherches de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), intitulée Micro-analyses et datations de l’art préhistorique dans son contexte archéologique, M. Hubert Versaveau, propriétaire, leur a présenté une lame de silex gris (l = 8 cm environ), découverte par lui dans la salle des Peintures, peu auparavant. Elle avait été glissée dans le très vieil éboulis terminal, aujourd’hui partiellement enlevé pour aménager le sas de sortie (il est encore intact dans la salle du Sas). Le trou laissé par l’extraction de cette pièce est toujours bien visible, conservant un petit fragment de silex, au fond. Il est situé à 0,36 m au-dessus du sol et à 1,30 m du mur maçonné de la sortie, sur le bord gauche du cheminement des visiteurs . De tels « ex-voto », de pierre ou d’os, suivant le terme consacré, glissés dans des interstices pariétaux ou plantés dans le sol, ne sont pas rares et ont été signalés dans une vingtaine de grottes ornées françaises et espagnoles, dont une douzaine de grottes pyrénéennes (notamment à Enlène, en Ariège). En Dordogne, Villars vient donc s’ajouter aux faits connus : trois lames de silex étaient ainsi cachées dans la paroi rocheuse du fond du Diverticule axial à Lascaux, une longue lame de silex à Bernifal, à l’entrée du dernier diverticule décoré, à l’extrémité de la grande galerie, et un burin en silex à la grotte du Pigeonnier de Saint-Front de Domme, sous la frise sculptée. Dans ce dernier cas, l’examen tracéologique au microscope nous a montré qu’il n’avait pas servi à graver la pierre, confi rmant ainsi la nature symbolique et non directement fonctionnelle de ces dépôts dans les sanctuaires souterrains paléolithiques. »
- Le comte Régis de Foucauld rappelle que son parent, « le Bienheureux Charles de Foucauld (attention à l’orthographe du nom) vint deux fois à Bridoire. Le 6 mars 1911, venant de Paris à Bergerac par le train, il fait la connaissance du marquis de Foucauld de Lardimalie, chef du nom et des armes, et note dans ses carnets : « Journée à Bridoire ; parti soir pour Angoulême et Paris ». Du 27 au 30 juin 1913, il séjourne à Bridoire. Le 27 juin, il note : « Assisté confi rmation de Jean et Henri de Foucauld à la Gaubertie chez le comte du Pavillon ». Ces deux petits neveux ont pour père Louis de Foucauld de Pontbriant qui habitait le château de La Renaudie, à Lembras près de Bergerac. Charles de Foucauld y séjourne du 30 juin au 13 juillet. Le 10 juillet, il note : « Séjour Renaudie. Été avec Arnaud visiter Montréal (qui appartient aujourd’hui au marquis de Montferrand, cousin d’Arnaud) ». Il revit son cousin Louis (qui mourra à la Renaudie le 23 décembre 1913) au mois de septembre, au château de La Barre, chez Marie de Bondy, avant d’embarquer à Marseille le 28 septembre et de regagner Tamanrasset, via El Golea et In Salah le 22 novembre. Arnaud, marquis de Foucauld de Lardimalie (1855-1932) fut le dernier représentant de la branche ainée des Foucauld. » La bibliothèque conserve le texte complet de cette lettre, qui fournit encore des informations généalogiques sur la famille de Souillac aux XVIIe et XIXe siècles. Voir aussi BSHAP, 1989, 1991, 1998, 1999.
- M. Jean Vanaerde a rédigé un descriptif détaillé des carrières de Saint-Astier, que nous avons visitées au cours de l’excursion de l’automne dernier : 40 hectares de carrières exploitées, de calcaire campanien, avec des galeries mesurant 6 mètres de haut (jusqu’à 12 m de haut par surcreusement du sol), avec préservation de piliers naturels en quinconce. La roche est broyée en sous-sol et le concassé acheminé en surface pour y être transformé en chaux vive dans des fours verticaux (vers 900°), en ciments dans des fours horizontaux (1400°). L’entreprise familiale « Chaux et ciments de Saint-Astier » commercialise 17 variétés de liants et de mortiers. Le texte complet de la notice de M. Vanaerde peut être consulté à la bibliothèque.
- M. Claude Labussière s’interroge à propos de deux dessins de Léo Drouyn. Sur le premier (B. et G. Delluc, Léo Drouyn en Dordogne 1845-1851, fi g. 28, p. 79), il lui paraît étrange que Léo Drouyn n’est pas fait fi gurer le mur de chevet et la voûte, qui devaient être dans son champ de vision, comme s’il avait voulu faire un éclaté de l’église. Le deuxième dessin qui lui pose problème est celui de la vue intérieure (fi g. 35, p. 83) car la porte voûtée à droite semble donner sur un lieu sombre et non sur l’extérieur. Comme il le suggère, la porte devait donner sur un bâtiment aujourd’hui disparu.
- M. Claude Labussière, toujours au sujet de l’abbaye de Brantôme, signale qu’elle est très souvent l’objet d’erreurs d’orientation : par exemple, Jean Secret situe la porte des Réformés au couchant, en parlant en fait de la porte Saint-Roch ; le rapport archéologique de septembre 2000 de J.-L. Piat fait une erreur constante de 45° sur tous les repérages. En fait, comme le montre le plan cadastral, elle est orientée nord-est / sud-ouest. C’est ainsi que la deuxième statue n’est pas exactement sur l’élévation sud, comme indiqué (BSHAP, t. CXXXVI, 2009, p. 404), mais plus précisément sur l’élévation sud-est.
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