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Références du chapitre 6

La Législative et la division des Jacobins (sept 1791-sept 1792)

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Avant Propos

Le chapitre VI concerne la période de l’Assemblée législative qui s’ouvre avec la réunion des députés, élus en septembre et se termine par la crise du 10 août. Les sources utilisées sont registres des assemblée départementales ( 1L) , directoire (158,159, 160) et conseil général(1 L 147) IL faut y ajouter les registres des districts classés par ordre alphabétiques (de 2L pour Belvès à 10L pour Sarlat) En second lieu il sera beaucoup renvoyé aux registres des Sociétés des Amis de la Constitution : Périgueux 13 L 12/3 et Bergerac à travers la publication qu’a faite Henri Labroue, La société populaire de Bergerac pendant la Révolution, Paris, Société de l’histoire de la Révolution, 1915 .

Tant pour les registres de la Série L que pour ceux de la Société, la note indique la cote d’archives et la date des faits.

Sur le plan bibliographique cette période n’a guère été étudiée pour la Dordogne et, logiquement, les histoires des villes n’y renvoient que peu. Reste l’ouvrage déjà cité de J Lassaigne Figures parlementaires. L’apport d’un département à la vie politique française, Editions du Globe. Sur le plan national on lira avec plaisir Michel Winock, La grande fracture 1790-1793, Perrin, Tempus, n°158.

Page 117 : LES ELECTIONS DE SEPTEMBRE 1791

Le compte-rendu de cette élection figure en ADD 1 L 352, dossier qui contient le compte-rendu de l’ensemble des élections départementales pour la période révolutionnaire, évidemment dans l’ordre chronologique.

Elections des « électeurs » c'est-à-dire des membres de l’assemblée électorale de Périgueux élus par les par cantons :

Les procès-verbaux sont très inégaux : ils devraient comporter le nombre de citoyens actifs du canton, le nombre de présents à l’assemblée électorale et les suffrages obtenus. Selon les cantons on indique l’un ou l’autre de ces chiffres et seule une minorité de canton figure au dossier. On peut déduire le nombre des actifs par rapport au nombre d’électeurs désignés par canton et qui est de 1 par tranche de 100 actifs (cf annexe 1)

Ribérac, ADD 9 L 28 : cantons de St Vincent de Connezac (126 votants), La Rochebeaucourt (4 électeurs, 129 votants), Saint Privat : 667 citoyens actifs pas de chiffre des présents mais 28 signatures du PV seulement ce qui peut faire présumer entre 150 et 200 présents), Sainte-Aulaye ( 5 électeurs, 320 votants)

Nontron (ADD 7 L 28) Saint-Félix de Bourdeilles (154 pour plus de 500 inscrits), Javerlhac, 145 votants sur 837 inscrits. Nontron (2°section) 7I6 inscrits. Les élus ont 65, 60 et 69 voix) , Saint-Pardoux (1049 inscrits, 198 votants)

On voit donc que la participation électorale est devenue très faible.

Page 118

Pour Périgueux, on ne dispose que de la liste des élus comme pour celle de 1790. On note que sont élus au canton tous les jacobins connus : Hilaire Gilles–Duroc et Gilles-Lagrange, Brugière, Chrétien, Villefumade, Lavergne, Pipaud des Granges, Peyssard, Courtois (le traiteur), Pontard évêque, Descamps etc…15 élus sur 29 sont nouveaux par rapport à 1790. C’est bien une « fournée jacobine ».

NB : Pour Périgueux, chapitre 10 du site consacré à l’histoire de Périgueux

JC MARTIN, Nouvelle histoire de la Révolution française, Perrin, 2012, p 287 10% à Paris, 25 à 30% pour le reste des départements.

Page 119

VERNEILH-PUYRAZEAU, Mes souvenirs de 75 ans, cité ci-dessus

J.LASSAIGNE, Figures parlementaires . chapitre 2, p 57

On pourra consulter en salle de lecture des Archives Départementale Edna H. Lemay, Dictionnaire des législateurs, Centre International d’Etudes du XVIII° siècle, 2007. Elle donne par département la liste des députés dans l’ordre de leur élection, le résumé de leur carrière et note que sur 768 députés, la Dordogne qui en comptait 10, faisait partie des 24 départements les mieux représentés. La Haute-Vienne et la Corrèze n’en avaient que 7,le Lot et Garonne et la Charente 9  et La Gironde 12. Elle précise qu’un seul resta aux Jacobins de Paris, le Sarladais Taillefer.

Page 120

ADD 13 L 12/3 Le 26 décembre, aux Jacobins, après une assez longue absence, il rappelle que les séances des Jacobins et des Feuillants sont publiques « je fais la motion que les nôtres le soient aussi. » Rappelons qu’elles l’étaient déjà, 2 jours par semaine, et notamment le dimanche pour la lecture des nouvelles.

Idem-Pipaud dénonce le 24 janvier 1792 « des hommes avilis qui n’ont pas rougi de tromper à la fois leurs concitoyens et leur patrie en donnant de fausses déclarations à leur municipalité »et demande en même temps l’exclusion de ceux qui « ont fait le métier d’agioteurs en spéculant sur l’échange des assignats avec l’ancienne monnaie »

Pierre Chrétien

La notice biographique de Joseph Durieux ((B.S.H.A.P LV, p43) est présentée à la séance du 5 janvier 1928 et n’a pas donné lieu à un article. Elle contient des références militaires sur lesquelles J Durieux ne peut être contesté. Il s’appuie aussi sur les Souvenirs de Verneilh-Puyrazeau puis l’ouvrage de Crédot sur Pierre Pontard. Si les faits cités par le second ne sont pas, pour une fois contestables, la narration de l’action de Chrétien au cours des journées de la crise du 10 août pose un autre problème quand il nous le montre sauvant des Suisses réchappés des Tuileries dont il aurait organisé l’exfiltration, puis « sauvant » Mandavy dans une action humanitaire sur laquelle on pourra s’interroger au vu des affaires de juillet 1792 présentées à la fin de ce chapitre.

Pour l’achat des biens nationaux à Périgueux, voir Jeannine Rousset, La vente des biens ecclésiastiques (1°origine dans le district de Périgueux Le Périgord révolutionnaire, supplément au B.S.H.A.P CXVI, 1989). Pour P Chrétien, on a 7 achats dont 5 évalués totalisent 14 583 livres. Pour les 7 on devait s’approcher des 20000 livres. Même s’il devait n’en régler qu’un douzième comptant cela fait beaucoup pour quelqu’un à qui ne fut pas reconnue la validité de sa qualité d’électeur. Il avait payé en 1790 25 livres de don patriotique censé représenter son quart de revenu. Il est vrai que ce quart pouvait être réglé en plusieurs échéances.

La question des biens de Vauclaire a fait l’objet de nombreuses discussions. Ainsi le long article en ADD 1 L 156 à la date du 3 novembre 1791, sur le fait de savoir s’il fallait dans la vente dissocier les bois du reste des biens selon la loi qui préservait les forêts pour la marine. Pour l’étendue de ces biens, voir Pijassou dans Arlette Higounet–Nadal, Histoire du Périgord p 265 qui évoque 600 hectares de terres.

Page122

Le réquisitoire de Chrétien est imprimé et figure au fonds Lapeyre de la Médiathèque Pierre Fanlac.

Pour les lettres de Lamarque et le soutien à la position de Chrétien : ADD 13 L 12/2 notamment 2 novembre 1791 et 20 novembre : « lettre de Lamarque en faveur des frères laboureurs qui gémissent depuis longtemps dans les cachots ». Il semble pourtant qu’à ce moment-là ils avaient été libérés mais qu’on se plaignait de la manière dont on les avait fait sortis de prison « dont on leur a brisé les fers ». Il semble qu’ils n’avaient obtenu qu’une simple grâce mais par recouvré leurs droits civiques. D’où le projet d’une pétition le 26 novembre, à laquelle s’intéressa Lamarque qui, le 7 décembre, priait Villefumade de lui faire parvenir la liste de »ceux qui ont refusé ou rétracté leur signature». Le 15 décembre, Chrétien revenait à la charge proposant une lettre au ministre de la Justice pour dénoncer Mandavy. Les non-signataires étaient de nouveau attaqués.

Les élections municipales de Périgueux : voir chapitre X Périgueux pendant la Révolution. Pour les Peyssard, voir Gontran du Mas des Bourboux Le Périgord des nobles bourgeois du XVIII° siècle, Périgueux, Pilote, sd notice 94 page 397 qui montre que la famille avait acquis ses lettres de bourgeoisie au milieu du XVIII° siècle et occupé ensuite des fonctions de prud’hommes puis de consuls.

Page 122

ADD 1 L 148

Page 123

ADD 1 L 158, 14 février 1792  le Logographe ayant annoncé dans la feuille du…février que les maires et officiers municipaux de Périgueux admis à la barre de l’Assemblée nationale lui avaient dénoncé l’opinion religieuse du directoire du département et ses prétendues liaisons clandestines avec les ennemis de la patrie, la municipalité de Périgueux, indignée d’une pareille calomnie a envoyé deux députés pour témoigner de la douleur de cette affreuse supposition…et qu’en témoignage de ses sentiments, elle allait détruire par un désaveu formel cette dénonciation qu’elle n’a fait ni voulu faire » 

ADD 1 L 159. Le 24 février, l’avocat jacobin Moulin vint annoncer au directoire sa démission suite à l’affaire Moulin. Le directoire le pria de n’an rien faire. Il est vrai que dans la municipalité de Peyssard ses alliés n’étaient pas si nombreux.

ADD 1 L 158, 18 novembre. Les Missionnaires étaient considérés comme une congrégation séculière. On avait pourtant, tout en leur conservant la Grande mission, décidé de vendre les locaux du petit séminaire, place de la Clautre. Or, pour le Département, ce choix était contestable. On leur avait donc accordé un secours provisoire sur lequel le district mit l’embargo. Le département estimait qu’à titre provisoire chaque missionnaire devait recevoir 1000 livres par an jusqu’au règlement de l’affaire par l’Assemblée nationale devant laquelle le Département porta l’affaire et eut gain de cause. Le nouveau séminaire diocésain était désormais sous la tutelle de Pontard et dirigé par les abbés Jacobins Feytaud et Jean Charles-de-Peyssard, frère du maire et ancien curé du Bugue. Ils demandèrent 6000 livres au Département en octobre 1791 pour faire face aux besoins des séminaristes insolvables. Le Département refusa, arguant qu’il y avait une procédure à respecter pour désigner les boursiers. En revanche, le 1°novembre, il acceptait de faire face à ses engagements concernant l’ancien évêque et lui versa 10 000 livres de dû sur sa pension jusqu’au 1°avril 1791 date de la prise d’effet de l’élection de Pontard. A Sarlat, l’ex-évêque Ponte d’Albaret se vit refuser sa pension au motif qu’il n’avait pas payé ses impôts. Il finit par en obtenir la moitié, les revenus du bénéfice épiscopal étant affectés par le refus généralisé des fermiers de verser leur dû, les paysans refusant de régler leurs rentes (10 novembre 1791) P123

District de Mussidan

ADD 6 L 17 Voici comment, à sa session de l’automne 1791, le conseil du district de Mussidan décrit la situation « Sans s’appesantir sur les maux que causent dans tout le district les prêtres fanatiques qui l’infectent de toutes part…..Ils prêchent à presque tous les offices de la manière la plus véhémente contre la constitution, disent hardiment qu’ils se moquent de l’Assemblée nationale, des administrateurs et des tribunaux, jettent l’alarme et la consternation partout sur la proximité imminente d’une contre-révolution, troublent toutes les consciences faibles, soit en refusant les sacrements à ceux qui ont assisté à quelque office des prêtres constitutionnels, soit en déclarant hautement damnés ceux qui ont quelques communications spirituelle avec eux, d’où résulte une foule de scandales et surtout une extinction de l’esprit public patriotique dans la ville et les campagnes infiniment dangereux si l’on était obligé a quelque hostilité contre les traîtres à la patrie et leurs satellites car il faut remarquer que ces prêtres ont eu la malice d’inspirer à leurs stupides adhérents une horreur si grande de la Constitution que ce mot trace à leur esprit la même idée que celle de chisme (sic) excommunication, damnation.

Dans le nombre de ces prêtres fanatiques, on en compte plusieurs ci-devant assermentés qui se sont rétractés, soit par une lettre ou autrement mais non officiellement, précaution inutile pour la conscience, encore plus pour l’orgueil et la mauvaise foi, ils se jouent sous le masque de leur serment officiel de toutes les lois, se couvrant de la protection du gouvernement pour incendier la patrie. En vain on a dressé des procès-verbaux des dénonciations contre les uns et les autres particulièrement les sieurs Chabanes, Desfarges, Vedrenne, Dumeynot, Labrue. L’apathie des tribunaux, et, il semble que la faveur avec laquelle on les traite au département, les ait autorisés. Il est infiniment pressant qu’on prenne un parti vigoureux contre ces 2 espèces de prêtres également dangereux et perfides et qu’enfin on fasse cesser les murmures trop fondés des prêtres constitutionnels qui se plaignent de l’infraction des lois à leur égard, de la protection marquée que les autres se sont attirée et surtout que le directoire soit autorisé à faire acquitter leurs divers traitements parce que le retard autorise considérablement la ferveur des premiers contre l’état et l’aigreur des seconds qui se croient négligés à dessein . »

ADD 1L 157 (14 novembre 1791) : question de la validité des élections

Page 124

Sur les affrontements à Mussidan ADD 6 L 17

L’affaire RELNAUD

On retiendra parmi les affaires qui secouent le district de Mussidan, celle de l’abbé Relnaud à la cure de Saint-Rémy, proche du secteur très agité de Vélines. Les incidents montrent jusqu’où l’on pouvait aller avec la soustraction des objets religieux et le saccage du presbytère. On notera la longueur de la crise et l’impossibilité des pouvoirs public d’agir, la municipalité soutenant le réfractaire.

29 octobre Relnaud, curé récemment élu à la cure de St Rémy, s’est présenté samedi dernier pour prendre possession le dimanche par la prestation de serment. Il éprouva tant de difficultés et menaces de la part de certaines personnes qu’il était dangereux pour lui d’y rester. Il veut faire constater. Le District décide d’envoyer pour l’installer un commissaire qui pourra requérir la garde nationale des autres communes ». L’administration y ajouta des menaces contre la commune.

Le 24 novembre, elle fut sommée de s’opposer à tout exercice curial de Trévis, curé en place, réfractaire et de lui faire vider le presbytère pour permettre au constitutionnel Relnaud de s’installer. Tout montre qu’il y a eu des attroupements sans qu’on sache en faveur duquel : garde nationale contre le réfractaire, femmes pour le soutenir ? Finalement, il fallut attendre le 14 mai 1792 pour que soit fait un inventaire des objets liturgiques et vases sacrés, inventaire qui se traduit par la liste des objets manquants. La municipalité, coupable de soutien au réfractaire, devra les fournir à ses frais et mettra sous quinzaine le presbytère en état « qui a subi des dégradations énormes « « Que c’est avec le plus grand regret qu’ils voient que des citoyens qui ont fait serment d’obéir à la loi de maintenir de toutes leurs forces la constitution (c'est-à-dire municipalité et peut-être garde nationale) s’en éloignent chaque jour et donnent à leur curé qu’ils devraient soutenir de tout leur pouvoir toutes les peines et tous les désagréments possibles. Exhorte avec le plus vif intérêt la nouvelle municipalité de se concilier et vivre en bonne intelligence avec le sr Relnaud pour que, par ce moyen, la tranquillité publique et la dignité de la religion ne soient altérées ». La délibération suivante présente la pétition du même et son zèle « A l’issue de la messe  la constitution française sera lue et qu’il sera chanté un Te deum » et qu’en outre la municipalité fera afficher les lois. Le directoire donne son accord et envoie un exemplaire de la constitution( daté du 17 décembre).

Quant à l’affaire Defarges, curé d’Ataux, elle se développe sur plusieurs années. Il était déjà en procès avec ses paroissiens avant 1789, les affronta au moment de la fête de la Fédération et vint réclamer les armes qu’on lui avait enlevées au moment de Varennes. C’est d’ailleurs pourquoi ce réfractaire ne bénéficie d’aucun soutien et on est dans une classique affaire d’isolement d’un prêtre . On lira dans R BOUET, Dictionnaire, la notice 524.

Page 125

Le district de Nontron appartenait, pour partie, au diocèse de Limoges sous l’Ancien Régime. Il fut selon R Bouet,très majoritairement jureur (64%). On trouvera, ci-dessous une étude sur un des cantons agités par la question religieuse, celui de Bussière-Badil . (Annexe 2)

Bergerac ADD 1 L1 57 / 5 avril : Durand de Ramefort

Idem-4 avril : Les « non-conformistes » de Bergerac demandant un lieu de culte, le Directoire du Département estima la demande fondée « sur l’immortelle déclaration des droits de l’homme »  ils demeurent autorisés à se procurer un édifice à deux conditions : n’utiliser aucune des deux églises vacantes et afficher de la mention « édifice destiné au culte non conformiste ». « S’il se produit des désordres et des propos contre la constitution civile du clergé, ils seront poursuivis »

Page 126

H LABROUE, La Société populaire de Bergerac cité ci-dessus, 11-13 janvier 1792 p 196

Périgueux, affaire du Logographe, voir ci-dessus. On priera le lecteur d’excuser cette redite.

Page 127

La Mission attaquée : ADD 1 L 159, 20 mars, 22 mars, 31 mars 1792

Périgueux : murs de la ville, idem, 1er avril. En fait, la démolition des murs de la ville s’était déjà posée en maintes occasion depuis 1789 : on les accusait d’être nuisibles à la salubrité. L’opération aurait déjà été entreprise le 21 décembre, par le directoire. Celui-ci menaçait la municipalité de lui appliquer les lois destinées aux municipalités réfractaires. Il fit afficher l’arrêté « à tous les carrefours de Périgueux ». C’est une affaire curieuse dans la mesure où pour Sarlat où la municipalité se plaignait de tels faits, il prit la position exactement contraire (voir page 133).

Affaire du Logographe, 1I L 159, 15 mai. Le long développement du 15 mai dans le même registre retranscrit la lettre au roi du directoire. Je l’ai placée in extenso en annexe du fait de son intérêt. Il faut la resituer dans son contexte. La plainte du directoire s’était d’abord appuyée, on l’a sur une partie de la municipalité. Mais il semble bien qu’à son retour Chrétien ait retourné la situation. Celle-ci on le verra s’est compliquée de la nomination du ministère Girondin où l’Intérieur est occupé par Roland. D’où le recours à des manœuvres dilatoires dont se plaint le directoire compte-tenu de l’énormité du faux . Ci-dessous, annexe 3 .

Page 128

Les troubles des campagnes.

La diatribe du directoire figure en ADD 1 L 158, 31 janvier 1791. Imprimée, cette diatribe figure a la Bibliothèque municipale, fonds Lapeyre.

Pour ce qui est de l’affaire de Javerlhac, on pourra se reporter à Michel Golfier qui fait une présentation détaillée de l’affaire. « Troubles à Javerlhac » B S H A P99, 1972 p226.

Page 130

La question des épidémies devrait donner lieu à un dépouillement synthétique simplifié par les travaux du Cercle de généalogie du Périgord, consultables aux Archives départementales. Les sondages effectués mettent en évidence une poussée variable de la mortalité en fin d’été 1791 au sud puis en automne 1792 plus au nord du département.

La distribution des assignats est évoquée tout au long des registres du directoire département. La maréchaussée, puis la gendarmerie les récupérait, conditionnés en paquets, à Angoulême. Mais ce transfert revenait cher, chiffrable en dizaines de livres. Le mode de transport n’est guère plus évoqué à partir de 1792.

Echange des assignats : A titre d’exemple : ADD 1 L 158, 23 janvier (445) Envoi de petits assignats de 5 livres pour échange en complément de la somme de 671 140 livres pour laquelle le département a été compris dans la distribution de 50 millions de petits assignats… contre de gros assignats de 50 à 300 livres. Le 4 janvier, le directoire a arrêté la distribution sur les districts de 108 730 livres de petits assignats puis un second arrêt de distribution de 220 000 livres. Le directoire décide : 1/ que les fonds destinés aux échanges seront distribués à proportion de la population 2/les assignats de 50 à 300L seront destinés à échanger ceux de 300 livres et au dessus. Les assignats de 500 livres et au dessus provenant du dernier échange resteront dans la caisse du receveur jusqu’à ce que le décret qui décide de les annuler et de les envoyer à la trésorerie soit connu. Ce document montre la complexité du système des assignats dès lors qu’ils devenaient « monnaie courante ». Au départ, uniquement destinés à payer les billets de confiance brûlés à leur remise, ils devinrent monnaie fiduciaire et un équilibre de l’émission devait passer par les plus gros remplacés par les plus petits. En fait la destruction des premiers fut interrompue.

P 131. Périgueux 5 E 5205 idem pour caisses de confiance

ADD 1 L 358, 5 novembre : délibération du directoire « Un prêt de 12 millions de livres est mis à la disposition des départements pour secours à la disette. Mais la lettre du 6 octobre fait craindre que si cette somme est distribuée aux différents départements et que chacun pourvoie isolément à l’achat des grains nécessaires, ces achats ne produisent dans les prix une hausse considérable. Il propose donc la formation à Paris d’un comité de subsistances composé de commissaires pris dans les départements. Décision de donner à cet effet les pleins pouvoirs à un des membres de notre députation pour donner un état de ses besoins et souscrire à la soumission de rembourser. Désigne à cet effet Nicolas Beaupuy ».On notera sans surprise à la lecture de quel côté allait la sympathie du directoire.

ADD 1 L 358 23 décembre Le Conseil du district de Bergerac, extraordinairement convoqué pour prendre connaissance des mesures adoptées par l’administration du département au sujet des subsistances et approvisionnement de grains nécessaires à tout le département arrête 1°Le Comité de subsistances de Bergerac continuera à faire ses approvisionnements comme il l’a fait jusqu’à présent qu’il ordonne les achats selon ses besoins sous la surveillance du directoire du district chargé de cette partie 2°Qu’il soit déclaré au directoire du département qu’il ne voulait pas participer aux mesures générales prises par le Conseil il est prié de ne pas comprendre le district de Bergerac avec prière au directoire du département de donner suite et d’appuyer la demande à l’Assemblée nationale d’autoriser un emprunt de 150 000 livres pour le district de Bergerac »Celui-ci (le directoire) se déclare incompétent pour réformer une décision par le Conseil (du département). On comparera la somme demandée à celle allouée pour la totalité du département a travers les douze millions cités ci-dessus dont il devait revenir autour de 144 000 à la Dordogne à diviser entre les districts.

On est toujours frappé par le déficit céréalier de Bergerac, le plus grand et l’un des plus fertiles des districts. Il faut souligner deux points 1/ La place du vignoble faisait diminuer celle des emblavures 2 / la partie la plus productrice de grains, la plaine de la Dordogne était composée de métairies directement tournée vers le commerce.

Page 132 Boulangers de Périgueux, ADD 5205

Sarlat subsistances (ADD 1 L59) 27 avril « Considérant que le district de Sarlat est un de ceux où la disette s’est manifestée avec le plus de force et qu’il a une population considérable, qu’il n’ a encore participé que pour 500 sacs, savoir 300 de froment et 200 de seigle à l’approvisionnement du département. Qu’il existe encore 200 sacs de grains dans le magasin de Bergerac, le directoire de Sarlat est autorisé à faire prendre dans le magasin de Gimet 500 sacs Le 22 mai, le directoire avait délivré un emprunt de 20 000 livres au district de Sarlat.

Gimet était un grand négociant de Bergerac. C’est lui qui acheminait de Bordeaux la plus grande partie des grains achetés par Périgueux.

ADD 10 L 3 district de Sarlat, 10 juin : Livraison de 400 boisseaux de blé dont 300 partis d’Amsterdam et 151 sacs et 100 boisseaux partis d’AngleterreLe directoire, étonné de ce surcroît aujourd’hui inutile comme il l’avait déjà marqué depuis du temps au directoire » refuse cette cargaison. On sera surpris de ce refus vu les demandes pressantes de Sarlat et surtout de la date du refus en pleine période de soudure. On reviendra sur la question ci-dessous.

Pour Montignac, même registre, 1°mai. La situation de Montignac est l’occasion pour le directoire du département de regarder avec optimisme l’approvisionnement à ce moment là : « Il peut actuellement donner plus de latitude sans compromettre l’approvisionnement puisque le gouvernement et le commerce concourent ensemble à l’alimenter ». Ceci dit, si la disette posait question par la cherté qui l’accompagnait, l’abondance pouvait être synonyme d’avilissement des prix. C’est peut-être ce qui explique la position de Sarlat.

Page 133

Curés de Sarlat : ADD 10 L4, 14 décembre 1791. Le directoire du département a annulé l’élection des curés du 11 décembre, sous le motif qu’on ne les avait pas commencées un dimanche, à la sortie de la messe comme il était de règle, ce qui était une manière de préparer les électeurs à voter en conscience ! On convoque de nouveau pour le jour de Noël, les citoyens actifs : il y a 9 curés à élire (soit 3 fois moins qu’à Mussidan, on sait pourquoi !). On verra à la date du 10 janvier dans le même registre comment le district doit faire face aux plaintes des curés pour leur retard de traitement et rejette la responsabilité sur le département qui a son tour accuse Sarlat de ne pas avoir présenté les tableaux des ecclésiastiques qui auraient permis de les régler

Le 24 décembre rebondit l’affaire Selves, ce Périgourdin élu juge de paix du district de Sarlat et que le directoire refuse de rétribuer parce qu’il n’a pas prêté le serment. Affaire obscure : les élections très troublées avaient nécessité l’intervention du Département parce qu’on faisait voter des citoyens passifs. Mais Selves n’aurait pas prêté serment pour des raisons étranges et aurait été invalidé à la suite de quoi « par un concours de circonstances dont on veut bien lui faire grâce, il fut élu de nouveau quoiqu’il ait perdu son titre de citoyen actif ». Mais la municipalité de Sarlat ayant de ce fait refusé son serment, il alla le prêter devant celle de Saint-André-d’Allas faisant partie du canton qui « le reçut contre la disposition de la loi qu’elle ne connaissait pas ». Et pourtant, Selves est entré en fonction et demande à être payé. Le fait est d’ailleurs admis par le district qui, pourtant, ironise : « S’il a eu le bonheur de terminer des différends entre ses concitoyens il ne doit chercher la récompense de bienfait que dans le doux mouvement dont le souvenir agite maintenant son âme et si cette rétribution ne suffit pas ce n’est pas à la Nation qu’il doit en demander une plus sensible ». Cela fait partie de ces affaires obscures qui attisent le ressentiment entre Périgueux et Sarlat ! Car on se demande, si Selves était invalidé, comment il a pu poursuivre ses fonctions et régler des conflits comme le reconnaît le directoire. Pourquoi n’a-t-on pas organisé une troisième élection ? Il est vrai que les affaires de juges de paix ont atteint un sommet à Sarlat avec plusieurs rebondissements qui feront peut-être l’objet d’une étude complémentaire.

Même registre 29 février 1792. On se permettra une digression pour noter la délibération sur les chemins alors qu’on crée des ateliers de charité pour les routes « le piéton le plus leste a peine à trouver une pointe où appuyer ses pieds. Cette surface est entrecoupée de ravins très rapprochés, très étroits et très profonds ».

Sur la question de la mairie de Sarlat voir ADD 1 L 159 « La municipalité de Sarlat s’est livrée sans le moindre prétexte à une insurrection d’autant plus répréhensible que le directoire (de département) ne l’a provoquée par aucun arrêté qui puisse faire ombrage ni à l’autorité judiciaire dont elle parle ni même à l’autorité municipale. » Suit un arrêté de trois pages qui énumère les griefs contre l’action de la municipalité et ordonne que « le maire et le procureur de la commune de Sarlat seront invités à comparaître sous huitaine devant le directoire ». En fait la mairie de Sarlat repoussa l’ultimatum. Le 5 avril le directoire renouvela la convocation assortie d’une longue diatribe. Quant à l’affaire du directoire de Sarlat et de ses deux membres invalides sur 4, le 25 avril (même registre) les membres du directoire restants déclarèrent refuser de siéger le 25 avril.

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J CHEVE, La noblesse du Périgord, PERRIN , 1998,p 48
Sur la question de< l’émigration à Bergerac, voir H Labroue, La Société populaire de Bergerac, délibérations du 11 septembre 1791 et du 15 septembre 1791 p 174
Sur l’affaire de la séquestration du local de la gendarmerie, A. D. D. 1L 159 (15 avril 1792).

LES EVENEMENTS DU 10 AOÜT
La source principale de ces évènements est constituée par le registre du Conseil Général ADD 1 L 147) de la Dordogne qui se réunit le 19 juillet 1792 suite à la déclaration à Patrie de la Patrie en danger, le 11 juillet. Pour le directoire qui siège parallèlement : ADD 1 L 160. Les deux autres sources principales sont les registres de la Société des Amis de la Constitution qui se transforme en Société des amis de la Liberté et de l’Egalité (ADD 13 L 12/4) et pour son homologue de Bergerac : Labroue La Société populaire de Bergerac, p 211 et suivantes. Voir également dans les districts, notamment Sarlat : ADD 10 L 4.

Page 135 : jacobins de Bergerac, H Labroue 25 juillet « Les patriotes doivent provoquer diverses mesures, notamment la déchéance du roi »

Lettre au roi du 20 juillet » C’est dans votre cœur, Sire, que nous déposons de nouveau les témoignages de nos sentiments parce que vous serez le premier à nous les rappeler si nous étions assez malheureux pour les oublier un seul instant ». La comparaison avec la déclaration précédente montre bien l’écart politique entre le Département et les jacobins, les Bergeracois étant les plus hostiles au roi. L’appel aux gardes nationales : même registre, même date.

Le 17 août :même registre

Sarlat : ADD 10 L 4, 27 avril 1792. Scènes à l’occasion de la proclamation de la guerre, suivi de la mention « plusieurs feuillets arrachés » ce qui semble évocateur des troubles qui suivirent. Puis 31 mai « Devant les troubles qui affligent Sarlat, le procureur-syndic propose l’arrêté du transfert à Domme ou St Cyprien en cas de nouveaux troubles. Entre les deux événements, il semble bien qu’on ait une situation très tendue.

Tout le printemps a été organisée la levée de troupes de ligne assorties de primes à l’engagement. Sur cette question comme celle qui suivent voir Lieutenant de Cardénal, Recrutement de l’armée en Périgord pendant la période révolutionnaire, Périgueux, Joucla, 1911. L’ouvrage irremplaçable est cependant d’une lecture complexe, l’auteur ayant préféré l’approche thématique, unité par unité, à la chronologie.

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Pour la situation des gardes nationaux rassemblés à Périgueux le 5 juillet et qui restent plus d’un mois dans la ville avec des ordres de départ contradictoires et surtout tardant à être armées, les articles se succèdent en ADD 1 L 147.

Pour Périgueux ADD 5 E 5205

Bergerac : H Labroue, La Société populaire, p212.

La Fayette , en rupture avec les choix politiques était venu à l’Assemblée le 28 juin 1792 pour demander des sanctions contre les fauteurs de troubles, notamment Jacobins. Sans succès. Le lendemain il échoua dans sa tentative de prendre le pouvoir à la faveur d’une revue de la garde nationale : averti des projets de la Fayette, Pétion annula la revue. La Fayette repartit rejoindre son armée le 30. Dans le débat à son sujet, quatre députés de la Dordogne se prononcèrent en sa faveur : Beaupuy, Delfau, Verneilh-Puyrazeau et Limousin. Ils devinrent pour les Jacobins des ennemis publics. Le 25 juin, Delfau avait prononcé une violente diatribe contre les Jacobins : il ne put achever son discours, chassé de la tribune. Il publia d’ailleurs le discours. Voir Lassaigne, Figures parlementaires,p 70. Dans le même chapitre voir le cas Lamarque et son rôle le 10 août.

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Les registres des Jacobins 13 L 12 /3 et, à partir du 3 août, 13 L 12/4 reproduisent les débats de juillet- août. Ils marquent un climat de fébrilité et surtout une division entre les activistes, prêt à en venir à prendre les armes et les modérés qui sous la houlette de Pipaud, majoritaires parviennent à les contenir. Délibération du 15 juillet. A propos de l’intervention d’un orateur de faire fouiller jusqu’aux endroits les plus reculés « les habitations des ennemis du bien public. Un autre a dit qu’il a entendu un aristocrate dire qu’il allait cacher ses armes. Mais il refuse de le nommer. Le président après avoir développé les motifs et les suites que peuvent avoir une pareille dénonciation vu que beaucoup d’aristocrates étaient de la Société. Un autre membre demande de jurer de ne jamais se porter en force que là où la municipalité demanderait des secours car, une fois le peuple déchaîné trouvera-t-il des bornes ? La Société, jalouse de se montrer amie de la constitution en a universellement prêté le serment.

15 juillet Le frère Dignomé âgé de 12 est monté à la tribune. Comme les enfants disent la vérité, il a lu son adresse au roi « La Constitution veut un monarque ami de la liberté et de l’égalité, que le peuple ouvrant les yeux sur les mœurs du roi ne voit en lui qu’un ennemi de la constitution, que s’il veut être despote, la nation rappelant toute sa conduite ne manquera pas de porter contre lui un décret d’accusation. Qu’un autre roi sera mis à sa place ». Pourquoi avoir fait prononcer cette première motion de défiance par un enfant ? Notons qu’il s’agit de remplacer le roi, non de proclamer la République. Le lendemain le débat porta sur le droit des femmes à combattre aux côtés des hommes et à à participer au repas de l’égalité. Significativement les plus résolues rétorquèrent que c’est le patriotisme qui les réunirait et non l’amour du boire et du manger.

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Registre des jacobins 13 L12/3

Chrétien et Villefumade
Le 15 juin
Frère Dupont à la tribune dit ses regrets de voir s’enrôler Chrétien et Villefumade et quitter la ville Il montre leur rôle de démagogues au sens classique du terme « Ils y échauffent et propagent et y protègent la classe indigente le patriotisme. Qu’aux frontières ils ne pouvaient faire que pour deux et ils pouvaient être remplacés ». Lorsque Villefumade arrive, ce sont les tribunes qui manifestent leur exaltation «  alors, des tribunes, de la foule, chacun voulait la parole, on représentait au frère Villefumade ses concitoyens affligés, découragés et succombant sous les coups de l’aristocratie…un autre enfin parlant du ton le plus ému et versant des larmes lui a parlé au nom de tous les pères de famille qui vont partir pour les frontières quoi lui a-t-il dit, nous avons laissé nos enfants orphelins et vous, frère Villefumade, voulez les abandonner ? Distributeur de la justice, vous voulez les exposer à l’oppression ? Surveillant de nos ennemis, vous voulez livrer ces timides agneaux à la fureur des loups »
Comme il sera beaucoup question de « Fumat » dans les chapitres suivants il est intéressants de mesurer dans des passages comme celui-ci la faveur populaire de ce Marat périgourdin.

Sur les événements de Montrem, le registre du directoire ADD 1 151

Sur Chrétien voir délibérations municipales, ADD 5E 5205 et Registre des jacobins 13 L 12/4

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ANNEXE 1 : Nombre des électeurs par canton.

Cette liste peut-être extrapolée et permettre de connaître un ordre de grandeur des citoyens actifs par district :leur nombre est déterminé par celui des citoyens actifs à raison d’un électeur par tranches de 100 actifs (exemple : 7 électeurs correspondent à une population de 6 à 700 actifs. Une population de 530 actifs à 6 électeurs )

ELECTEURS DU DEPARTEMENT DE LA DORDOGNE

Nommés en exécution de la loi du 20 mai 1791 relative à la convocation de la seconde législature

District

Canton

Nb électeurs

PERIGUEUX

Périgueux

25

Antonne

5

StPierre de Chignac

11

Vergt

12

Grignols

9

Brantôme

10

StAstier

14

Lille

10

Agonac

8

total : 9 cantons

106

SARLAT

Sarlat

19

Domme

16

Salagnac

11

Carlux

9

Daglan

18

St Cyprien

16

Marquay

10

Total : 7 cantons

97

BERGERAC

Bergerac

19

Eymet

10

Issigeac

10

Ribagnac

8

Montagnac

12

Cunèges

12

La Force

13

Lalinde 12
Liorac 10
Total : 9 cantons 106

NONTRON

Nontron

14

Mareil

6

LA Rochebeaucourt

4

Saint-Pardoux

11

Javerlhac

8

Champagnac

9

Saint-Félix

6

Total : 7 cantons

66

EXCIDEUIL

Excideuil

11

Thiviers

16

Jumilhac

12

Hautefort

11

Dussac

10

Savignac

9

StOrse

8

Cubjac

6

Total : 8 cantons

83

MONTIGNAC

Montignac

17

Le Bugue

12

Terrasson

13

Thenon

12

12

Rouffignac

11

LaBachellerie

8

Total : 7 cantons

85

RIBERAC

Ribérac

19

Verteillac

11

Saint-Vincent

8

La Tour-Blanche

7

Montagrier

13

Champagne

8

Saint-Aulaye

12

La Roche-Chalais

3

Total : 8 cantons

81

BELVES

Belvès

14

Beaumont

11

Cadouin

8

Limeuil

13

Montferrand

7

Monpazier

9

Orliac

5

Total :7

76

MUSSIDAN

Mussidan

12

Velines

6

SaintMéard

7

Montpon

15

Villefranche

8

Neuvic

11

La Mothe-Montraval

7

Les Lèches

9

Total

74

Total général :71 cantons

774

ANNEXE 2 : PAROISSES ET CHOIX DES CURES . Le cas de Bussière- Badil (district de Nontron)

Dans le contexte de l’époque de l’Assemblée législative, la situation religieuse se complique, notamment du fait de l’attitude des curés. Le cas du canton de Bussière-Badil a été retenu comme un témoignage de la complexité de la situation et de ses paradoxes.

Un district fertile en vocations

Il est d’abord intéressant de noter que l’image traditionnelle d’un Nontronnais déchristianisé se trouve fortement remise en cause dans le cas étudié. La seule ville de Nontron, si l’on reprend les notices biographiques de Robert Bouet donne 36 curés de paroisse en place en 1791 ou venus des ordres religieux (surtout les cordeliers locaux et Chancelade qui exercent pendant la Révolution avec une vraie diversité de recrutement social). Pour ce qui du canton de Bussière-Badil , sur les 11 prêtres en exercice (8 curés et 3 vicaires) …11 ont prêté serment chiffre à rapprocher de ceux nés dans la ville de Nontron pour lesquels le refus de serment est l’exception (2 prêtres). Autre forte caractéristique : la proximité de naissance : 4 d’entre eux sont nés en Nontronnais, 3 dans le canton, 2 dans le proche petit bourg de Rochechouart, 1 seul à Limoges. Il y a donc, chez eux, une vraie proximité et sûrement une proximité aussi avec leurs paroissiens. On notera pour l’un d’entre eux qu’il prêta serment après avoir consulté le futur député Verneilh-Puyrazeau et…fit le contraire de ce qu’il lui conseilla. A ce fils de famille noble très hésitant, Verneilh-répondit « Je sais combien vous êtes attaché à vos paroissiens et vous savez combien vous leur êtes chers…A votre place je me jetterais au pied du crucifix et si en me relevant je n’éprouvais pas une forte répugnance à prêter le serment je le prêterais ». Il faut croire que ces prêtres se sont concertés et ont écouté la vox populi… L’illustration de la thèse de Tackett, qui fait de l’environnement politique un facteur de serment se trouverait ainsi vérifiée comme celle du rapprochement entre le serment et le fort recul de pratique religieuse dans les années 1960 comme aussi la correspondance avec le vote de gauche.

Des prêtres engagés

Ce choix de l’hiver 1791 correspond d’ailleurs à un engagement pro-révolutionnaire. Nous l’avions noté déjà en signalant la part élevée de prêtres élus maires. En témoigne le rôle du curé de Bussière-Badil à la tête du comité de sa ville en 1789 et le soutien que lui apporta Pipaud au cours de son bref emprisonnement par la maréchaussée à Périgueux suite à ses démêlés avec le notable Janet-Lasfond. Il prêta le serment. Mais est-ce le fait que son adversaire trouva toute sa place parmi les électeurs nontronnais et cumula les fonctions représentatives ? Ce prêtre qu’on citait volontiers en exemple pour son savoir et sa générosité se rétracta. Ce ne fut pas le cas de son collègue Germain, curé de Reilhac, à qui l’on doit un intéressant témoignage sur la Grande Peur et qui dit son enthousiasme pour la fête de la Fédération « époque célèbre de la véritable liberté des Français et anniversaire de jour mémorable digne d’être transmis aux siècles à venir ».

Le cas Charron

Cependant, dans cet ensemble assez homogène un cas retient l’attention, celui du curé de Champniers (aujourd’hui Champniers-Reilhac). Il fait partie des curés installés depuis longtemps : voila près de 30 ans qu’il a été nommé dans sa paroisse. Favorable à la Révolution, il prête le serment civique en juillet 1790 avant de devenir jureur par le second serment début 1791. Mais une nouvelle situation était apparue l’année précédente. Peut-être avait-il rêvé d’être maire ou de siéger parmi les officiers municipaux ? En tout état de cause, il ne supporta pas très longtemps de ne plus être la première autorité de sa commune.

Les dissensions devaient déjà s’être manifestées. Mais les documents nous le montrent (ADD 7 L 30) aux prises avec ses paroissiens. Quand on vint le chercher pour bénir le feu de joie à l’occasion de la Constitution en septembre 1791, il refusa tout net de suivre. Il accompagna même son refus de la proposition de remettre à l’un des officiers les instruments pour bénir à sa place …puisque désormais ces élus savaient tout faire : « Toi qui pense que tout t’est permis, prend l’étole et le surplis et chante ce que tu voudras ». Cette fois l’amertume l’emporte.

Mais les choses prennent un nouveau tour quand, la cérémonie finie, nos paroissiens se rendirent à l’auberge et, n’ayant point le vin triste, parcoururent ensuite les rues et le cimetière en pastichant le Requiem. Ce n’était pas assez pour réveiller les morts mais déjà trop pour le curé. C’est pourquoi, le dimanche suivant et -disent les témoins- contrairement à ses habitudes, il gravit les trois marches de la chaire et en fait de sermon explosa en « dialecte patois »pour être bien sûr d’être compris  « Mes enfants, il y a de jeunes morveux dans cette paroisse qui ne savaient il y a un an ni lire ni écrire pas seulement un mot de leur catéchisme qui s’avisent aujourd’hui de commander, ordonner et d’en imposer aux personnes mûres et sensées le tout sous prétexte de liberté et égalité…Ces polissons, cette canaille, un commandant de la garde nationale, des officiers municipaux s’avisent même de passer la nuit au cabaret, de courir les rues avec une caisse en chantant des requiem des chansons profanes…Ce sont pourtant vos officiers, vos guides, vos maîtres qui vous le donnent, voila l’effet de la Révolution ». Et il continua ainsi sa mercuriale contre les nouvelles mœurs politiques concluant « Ne leur ressemblez point mes enfants, ils n’ont point de religion, ce sont des impies qui troublent les morts dans leurs tombeaux. Soyez bons chrétiens » On est bien dans cette approche que nous avions aperçu de la mauvaise humeur qui s’était emparée des pasteurs ayant perdu leur autorité !

Jureur et contre-révolutionnaire

Mais il ne s’en tint pas là. Du refus à l’ attitude contre-révolutionnaire, le pas fut allègrement franchi. Dans le procès, le même témoin de dénoncer le parti que constitue ainsi le curé en même temps que la triste posture où se trouvent placées municipalité et garde nationale réclamant que la justice sévisse contre un semblable séditieux «  Il aurait affirmé qu’il faudrait bientôt remplacer le Te Deum par un de profundis,  ayant appris à Saint-Barthélemy qu’il y avait 117000 émigrés rassemblés à Coblentz soutenus par les puissances étrangères et particulièrement la Russie et la Suède ». Tout cela pouvait bien être loin de la vérité : dit par le curé, cela avait de quoi impressionner. Et l’accusateur public de conclure le 9 octobre sur ces paroles : « Elles sont impardonnables dans un prêtre non conformiste. Vous sentez bien combien elles sont coupables dans un homme qui a prêté le serment exigé par cette constitution qui doit faire le bonheur de tous les citoyens ». Cité à comparaître, le curé, bien calé dans ce qu’il estimait être son bon droit, remit le texte de son prône qui montre l’exactitude des témoignages à charge. On en retiendra ce passage « Que veulent donc ces prétendus docteurs avec leur égalité qu’ils prêchent si ardemment ? Le voila : ils veulent être égaux à tout le monde, c’est-à-dire qu’ils ne veulent reconnaître ni autorité, ni supérieurs et être indépendants ». Soit l’exact inverse de l’ancien ordre des choses où le curé représentait l’autorité d’En Haut et d’ici-bas. Nouveau témoignage du mal être des curés vis-à-vis du nouvel ordre de choses dira-t-on. Alors pourquoi le serment (et pourquoi pas sa rétractation) si l’on rejetait le nouveau cours des choses ? On voit bien qu’il pouvait ne représenter aucune adhésion au nouveau cours des choses mais une manière de s’assurer une tranquillité à l’abri des tracasseries des autorités. Ces bons curés du Nontronnais étaient bien chez eux et entendaient le rester. Mais ils ne pouvaient plus y être maîtres et de cela ils ne voulaient point convenir.

Mais l’on ne s’en tint pas là. En fait, nous retrouvons Charron dans une affaire qui est jugée en juin 1792. Elle a pour cadre la paroisse de Champniers et comme premiers témoins les officiers municipaux et procureur syndic qui s’étaient affrontés à leur curé à l’automne précédent. Mais, en 1792 , Charron qui paré par son serment reste malgré ses propos dans sa paroisse se voit accusé. d’un mépris grossier pour le régime, clamant « que l’Assemblée nationale était un tas de fripons et d’ignorants et que la nouvelle constitution ne faisait que favoriser les ignorants pour les emplois d’aujourd’hui ». Il y ajoute son mépris pour l’évêque constitutionnel « ILl a dit qu’il ne voulait point connaître M Pontard que ce dernier n’avait pas plus de pouvoirs que son chien et qu’il ne voulait point de ses ordres ». Et pas à un paradoxe près, on voit ce jureur refuser les sacrements à ceux qui sont allés à la messe de curés assermentés. Les attendus rappellent que Charron a prêté serment dans les termes le 26 décembre 1790, qu’il l’a fait dans les termes et on présente un document officiel de Périgueux (sans précision) et qu’à la date du 15 juin 1792 il n’y a aucune trace dune rétractation de sa part !

Second aspect : la présence de l’ancien curé de la paroisse limousine voisine (éloignée d’une lieue précise-t-on) de Marval, Périgord qui a dû quitter sa paroisse faute de prêter serment et, plusieurs fois invité par Charron est venu lui prêter mainforte a fini par le rejoindre lorsque celui-ci a subit une attaque de goutte. Il l’a notamment confessé, ceci sans autorisation mais nie que les usages rendent celle-ci nécessaire. Quand on l’interroge sur les propos que les témoins lui prêtent dans le confessionnal, il refuse de répondre au nom du secret de la confession. Un autre prêtre du Nontronnais est venu les rejoindre, lui aussi réfractaire le curé de Labre en Charente originaire du Nontronnais. Le procureur de la commune de Champniers demande six mois de prison et 50L d’amende contre Périgord mais le juge de paix requiert que Périgord soit traduit devant le juge du district devant lequel il nie tout propos tant contre les assermentés l’évêque que les députés. On ne sait s’il fut finalement condamné.

Le troisième aspect est l’intense circulation des fidèles entre les paroisses. Quand l’origine des témoins est mentionnée ou les messes qu’ils fréquentent on voit évoquer Saint-Barthélémy, ²Saint Matthieu, Busseroles, Maisonnais, voire Augignac. Or toutes ces paroisses sauf Maisonnais sont occupées par des assermentés. Ce qui vaut à ces paroissiens de se voir refuser la confession. C’est d’ailleurs souvent au cours de celle-ci que se réalise l’interrogatoire des paroissiens (souvent des femmes) qui s’entendent dire « qu’ils ne sont nantis d’aucun pouvoir, caractère ni fonctions du ni fonctions du sacerdoce qu’il n’appartient qu’aux seuls Durepaire et Périgort d’administrer et célébrer les mistaires ou sacrements et quiconque en usera autrement demeurera éternellement damné ».Le réquisitoire porte cependant essentiellement contre les deux autres prêtres et Charron n’est cité qu’à tire de complice alors qu’en tant que curé il porte, au plein sens du terme, la responsabilité de ce qui se passe dans son église. On reste confondu par la confusion qui règne ici et qui voit l’assermenté Charron user des termes des réfractaires pour juger des actes de ses paroissiens !

De sorte que l’on est en droit de s’interroger sur le jeu compliqué des acteurs. Du curé d’abord qui quand il dénonce ses confrères assermenté, une paroissienne réplique à Périgord « que sieur Charron avait bien fait le serment il répliqua qu’il n’avait point voulu le faire » et à une autre « qu’il n’avait point voulu le faire et qu’il n’avait fait que semblant ». Mais la paroissienne l’avait suffisamment embarrassé pour qu’il décide à la fois de lui pardonner d’aller aux messes de Saint Barthélémy et l’envoyer à la balustrade pour recevoir la communion.

On perçoit bien ainsi la dénonciation jacobine contre le double jeu de curés qui s’autorisent, s’appuyant sur leur serment, à entretenir une opinion contre-révolutionnaire. A noter qu’il reste en fonction et prête le serment de 1792. Il finit par abdiquer sous la Terreur mais il est emprisonné à Nontron pendant une quinzaine de mois pour avoir, nous dit R Bouet « tourné les lois en ridicule ».

Et que penser enfin des choix des paroissiens ? Pourquoi ces changements de paroisses. Esprit patriote qui les conduits vers des curés plus ouvertement acquis aux idées révolutionnaires ? Mais pourquoi alors revenir vers Charron avec la certitude d’être morigéné ? Reste la prescription religieuse : les Pâques sont d’obligation dans sa paroisse. On est là face à des attitudes qui montrent au moins la complexité des comportements religieux qui finissent par être ramenés à la règle d’une pratique mieux ancrée qu’on ne le pense parfois. La religion populaire a intégré des pratiques qui expliquent la résistance du catholicisme tridentin à la déchristianisation. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

ANNEXE 3 : l’AFFAIRE DU LOGOGRAPHE

La lettre au roi du 15 mai (ADD 1 L 159) est écrite en réponse à Chrétien, procureur de la commune de Périgueux. Elle le dénonce pour s’être présenté comme député de la commune « s’entourant de plusieurs quidams ramassés dans les boues de la capitale pour donner à la scène un air de députation…outrage si sanglant contre les législateurs qu’il trompait »

Suit un tableau à charge des actions de Chrétien « …Né sans fortune, le sr Chrétien ne payait pas la contribution pour être électeur, cependant il fut élevé par ses intrigues à cet emploi lors des premières assemblées primaires (en mai 1790)…Il fut jugé inéligible à l’électorat (lors de l’assemblée de juillet 1790) et conçut dès ce moment une haine implacable contre le membre chargé de rapporter son affaire et depuis elle n’a fait que s’accroître.

Peut-être l’aurait-on vu s’apaiser lors des adjudications des biens si le Directoire l’avait laissé jouir sans exiger le paiement des biens immenses dont il avait osé sa rendre acquéreur. Mais fidèle à ses devoirs et sincèrement attaché aux intérêts de la Nation, le Directoire a fait poursuivre contre cet acheteur la folle enchère de la plupart des biens qu’il s’était fait adjuger. La chartreuse de Vauclaire et ses dépendances est une belle proie que l’ardent patriotisme du sr Chrétien avait voulu dévorer. Cet objet vaut plus d’un million, le sr Chrétien l’avait eu pour 560 000 livres .Les vices des formalités dans l’adjudication, les vices de l’adjudicataire, furent dénoncés. Le Directoire déclara la vente nulle, l’affaire portée à votre conseil n’a pas eu pour le sr Chrétien une issue plus honorable. Il en fallait moins pour allumer sa rage contre nous ». Le Président de l’Assemblée nationale semble l’avoir prévu dans sa réponse à cet étrange orateur « La délation peut être utile quand le seul bien public en est le véhicule mais si la vengeance, mais si la haine viennent à la produire elle est un crime détestable » Gensonné.

« Vous connaissez l’esprit de la fougueuse harangue qui nous inculpe...Les chefs d’accusation se réduisent à 3  : 1-le Directoire ne prend aucune mesure mâle pour le paiement des contributions publiques 2°Il tient des séances secrètes 3°Il protège 600 Prêtres fanatiques.

Il n’est pas de département qui ait pris des arrêtés plus vigoureux ni de mesures plus multipliées et plus actives pour le recouvrement que le département de la Dordogne. Si nous pouvions insérer dans cette adresse notre correspondance avec les directoires, l’impudeur du sr Chrétien à nous taxer de négligence soulèverait tous les amis de la vérité…Mais sans cette correspondance, nous avons au moins des preuves suffisantes de notre zèle : par un arrêté du 31 décembre 1791, imprimé et envoyé aux directoires et municipalités nous avons pressé le recouvrement des rôles d’acompte et M Tarbé, ministre des contributions, convaincu du bien qu’il avait produit, nous écrivit la lettre la plus flatteuse. Par un autre arrêté du 7 février dernier sur les contributions foncières et mobilières et perfectionner l’établissement des patentes. Si d’après ces mesures le recouvrement des contributions ne s’est pas fait avec célérité, ce n’est pas notre fait. Les rôles de 1791 sont une opération tout à fait nouvelle, les municipalités n’entendant que peu les lois sur les diverses natures des subsides, ne marchant qu’en tâtonnant et n’avançant pas beaucoup leurs opérations de contributions ce n’est pas seulement dans le département que ces lenteurs se font sentir. Mais le sr Chrétien qui veut prendre absolument la tutelle de la patrie, lui procureur de la commune de Périgueux, quels efforts a-t-il fait, quelles précautions a-t-il prises ? Absolument aucune ; et cependant, courbé sous le poids d’une négligence reconnue, il ose se montrer au corps législatif, déclamer contre des fonctionnaires qui n’ont à se reprocher que leur indulgence à son égard.

Qu’il ose assurer un fait nu, un fait simple, qu’il ose dire que nos séances sont SECRETES, c’est porter l’impudence à sa dernière période…Nous attestons sur notre honneur et notre probité que jamais nous n’avons délibéré secrètement, nous attestons que notre salle du conseil, ouverte à ceux qui sont curieux d’entendre nos discussions…Dans les temps froids nous avons délibéré quelquefois dans nos bureaux l’entrée en a toujours été libre. Nous pourrions peut-être avancer que la publicité de nos séances n’est ordonnée par aucune loi ; mais glorieux des suffrages du peuple qui nous a nommés ns aimons à nous entourer de nos concitoyens et ne sommes jamais plus heureux qu’au milieu de nos frères »

« La dernière inculpation est plus atroce que les deux premières, elle est tellement complexe qu’elle ne peut-être détruite ni par une dénégation ni par une preuve négative. Elle est de ces calomnies qui peuvent sans la cerner embrasser l’innocence. Nous allons pourtant répondre que nous haïssons autant le fanatisme que nous aimons le bon ordre et la tranquillité. Nos principes ne sont pas de distinguer dans l’administration proprement dite ni le prêtre, ni le sacerdoce, nous ne voyons partout que des citoyens dont nous avons juré le maintien de la sûreté quand nous avons juré la Constitution. Nous pensons aussi que la Déclaration des Droits de l’Homme élève l’opinion au-dessus du pouvoir des hommes et qu’il n’est permis de punir que ses effets quand ils troublent l’ordre public. Ainsi, quand on nous a dénoncé des attroupements dirigés contre un de ces prêtres, nous n’avons vu que des citoyens en péril et pris des mesures pour les sauver. Ainsi quand un prêtre s’est permis de troubler l’ordre par des sermons, ses propos ou ses actions, nous l’avons dénoncé devant les tribunaux et fait poursuivre non comme prêtre mais comme perturbateur. Il en est même que nous avons dégradés civiquement tout en les envoyant en justice lorsqu’ils ont été convaincus d’avoir manqué d’une manière grave aux pouvoirs constitués. Tel est l’arrêté que nous avons pris le 29 mars dernier contre le curé de St Crépin de Bourdeille...Si c’est là protéger les prêtres,on conviendra que notre conduite n’est pas celle des amis du fanatisme. Qu’on jette les yeux sur ce vaste département et sur plusieurs autres, on verra la paix chez nous …Mais pourquoi cet homme parle-t-il de 600 prêtres fanatiques ? Ce nombre est à coup sûr le produit d’une imagination perfide. Il n’est peut-être pas 200 prêtres insermentés dans ce département et la plupart sont ignorés tant leur conduite est paisible. Pourquoi le sr Chrétien parle-t-il de protection ? Sire, nous ne protégeons personne, les lois protègent par notre organe…ces sentiments désolent les factieux. Par cette ardeur civique, nous avons cent fois renversé leurs projets détestables..Nous savons que le sr Chrétien ne peut nous le pardonner mais sa haine nous honore trop pour chercher à l’éteindre…

Toute la France sait qu’on nous a calomniés, la municipalité de Périgueux, indignée qu’il eut osé se couvrir de son nom pour nous outrager sur un des plus grands théâtres du monde, s’empressa de nous envoyer deux députés pour nous témoigner sa douleur et son indignation, l’arrêté pris à ce sujet le 13 février du Directoire et signé d’un député est une preuve irréfragable de l’imposture du sr Chrétien. Enfin, par une lettre imprimée au logograhe n°53, par une autre adressée a l’Assemblée Nationale le corps municipal a renouvelé son désaveu.

Lettre à Roland, ministre de l Intérieur qui indique l’envoi avec pièces justificatives.

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