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Message de remerciements adressé à Mr le Président G. FAYOLLE et aux membres du Conseil d'Administration de la SHAP par le Dr Philippe Pommarède
Monsieur Le Président,
Ma famille et
moi tenions à vous remercier ainsi que les membres du Conseil
d'Administration, de nous avoir fait parvenir les nombreux témoignages
de condoléances qui vous ont été adressés
à l'occasion du décès de mon cousin le Chanoine Pierre POMMAREDE.
Nous avons été
très sensibles et très touchés par les marques de soutien qui nous ont
été apportées tant à travers ces lettres que le jour des obsèques à la
cathédrale comme à l'église de Tocane.
Pouvez vous remercier, en notre nom, tous les adhérents et amis de la
SHAP qui ont à travers ces lettres témoigné leur sympathie et leur
attachement au Père POMMAREDE.
La plaque au nom de la SHAP a été installée sur le caveau familial dès le 19 août.
Pour ceux qui
pourraient être intéressés, je vous joins les quelques lignes que
j'avais prononcées l'après midi lors de l'absoute qui a eu lieu l'après
midi en l'église de Tocane St Apre, elles représentent un point de vue
familial
et retracent quelques moments marquants de la vie de mon cousin.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, à l'expression de nos
remerciements et de nos sentiments les meilleurs.
Père Pierre
POMMAREDE,
absoute en l'église de Tocane, le jeudi 19 août 2010
Texte de Philippe Pommarède
Nous allons pendant ces
quelques minutes essayer de vous apporter un éclairage familial sur notre cher
disparu, Le Père Pierre POMMAREDE.
Le Père était né en
1929 à BURIE en Charente Maritime, pourquoi les Charentes me direz vous alors
que le berceau de la famille se situe depuis toujours à Tocane Saint Apre et
que les recherches généalogiques établies par lui, et pour lesquelles il était
heureux que mon épouse Marie-Laure ait pris le relai,s nous permettent de
remonter pour les familles POMMAREDE, ROUCHAUD ou SUBRENAT jusqu'aux années 1650.
En fait, il s'agissait
du hasard des nominations administratives liées au poste de son père.
Puis c'est à MAUBOURGUET
dans les Hautes Pyrénées que sa jeunesse se poursuivra.
Très tôt sa vocation
religieuse se manifestera et son frère Jacques ici présent me rappelait hier
encore qu'il le revoyait défiler habillé en croisé ou participer avec les
louveteaux à chaque fête religieuse. Très tôt également il fut enfant de cœur.
Le retour à Tocane aura
lieu avant la guerre, le jour de sa profession de foi il avait écrit sur un
simple carton son désir de devenir Prêtre, ce carton il l'avait toujours
conservé sur la cheminée de l'avenue Victor Hugo.
Sa communion solennelle
puis sa confirmation ont eu lieu dans cette église de Tocane. C'est la raison
pour laquelle dans ses volontés dernières il tenait à ce qu'une absoute chantée
ait lieu dans cette église qui fut également le lieu de la célébration de sa
première messe.
Mon cousin était
sentimentalement et viscéralement attaché à notre commune de Tocane et Saint
Apre.
Une anecdote vous fera
sourire : dans la maison familiale de Tocane, pendant la guerre, il avait construit un autel
rudimentaire pour pouvoir s'entraîner, avant l'heure, à célébrer la messe et
avait enrôlé mon frère Guy plus jeune
pour lui servir d'enfant de cœur, Monsieur
Tamisier ici présent peut en témoigner. Mon cousin avait même réussi à se procurer
de l'encens et à faire broder par nos tantes Louise et Blanche des nappes
d'autel !
Très jeune, il aimera
parler avec les adultes de l'histoire de Tocane et de la Dordogne, il s'agissait
sans doute des prémisses de ses futurs ouvrages sur le Périgord.
Suivront les années
d'étude à Saint Joseph à Périgueux où il liera des amitiés profondes qu'il
gardera toute sa vie et dont un certain nombre de ses amis sont présents tout au long de cette journée.
Puis ce seront les années du
Séminaire suivies de son ordination en la Cathédrale Saint Front de Périgueux
en mars 1953 et de sa première messe qu'il célébrera à Tocane et à laquelle je
me souviens d'avoir assister petit enfant en culotte courte.
Le souci des jeunes et d'autrui ne le
quittera plus, très tôt il organisera avec entrain de nombreux camps scouts, il
s'occupera également des jeunes en difficulté ou en réinsertion, donnant à
chacun sa chance et croyant toujours en leur capacité à s'améliorer et à aller
vers le bien.
Le père occupera successivement des
fonctions de vicaire à Saint Martin et à
la Cité ainsi que d'aumônier des scouts.
Dès cette époque il organisera pour
ses paroissiens, et les jeunes dont il s'occupait de nombreux pèlerinages et
voyages à travers toute la France et l'Europe : de Lourdes auquel il tenait
beaucoup à Rome, en Autriche, à St Jacques mais également en Terre Sainte où nous avions eu la joie de
partager son immense culture, sa grande foi, son sens de l'organisation et de
parcourir les magnifiques sites sur les pas du Christ : de Jérusalem à la
mer Morte en passant par Tibériade ou le tombeau des Patriarches à Hébron.
Puis ce fut sa nomination en tant que
Curé de Château l'Evêque, période qui dura de nombreuses années et qui fut sans
doute pour lui la plus riche d'un point de vue tant spirituel qu'intellectuel,
pleinement responsable d'une paroisse, s'occupant de tous des plus démunis au
plus favorisés, se livrant à ses travaux d'écriture.
Je me souviens avec émotion de
déjeuners ou de diners dans ce presbytère de Château l'Evêque qui jouxtait le
couvent des sœurs si dévouées.
Nous y rencontrions les personnes les
plus variés, des écrivains connus au jeunes en détresse qu'il aidait, et
toujours la conversation revenait sur son Périgord qu'il aimait tant, sur
l'histoire de sa région, les dernière cartes postales découvertes ou des
anecdotes sur la vie des saints ou des personnes ayant marqué l'histoire de
notre belle région.
Vint ensuite le retour à Périgueux,
ses diverses fonctions dont celle d'aumônier du 5ème chasseur auquel il tenait
temps, la tradition des armes avaient dans la famille POMMAREDE une grande
place puisque notre grand père, officier, avait été fauché sur le front près de
Verdun à la tête de ses hommes en 1915, mon père fut aussi militaire, Colonel,
il décédera âgé de 101 ans et le père de Pierre fut déporté et décéda en
Allemagne à la fin de la guerre.
C'est dans les années 1970-1975 que
le Père Pommarède passera sa thèse de doctorat en Droit Canon à la faculté de
théologie de Toulouse, il se levait dès 4h du matin pour pouvoir rejoindre Toulouse, suivre les cours
et poursuivre ses recherches.
De cette thèse, naîtra son grand
ouvrage sur La Séparation de l'Eglise et de l'Etat en Périgord qui sera publié
en 1976.
Ce livre sera suivi de très nombreux
autres livres de « Périgueux oubliés » en passant par « Tocane
et Saint Apre oubliés », « La saga de Saint Front » sans oublier
les innombrables communications publiées dans le Bulletin de la Société
Historique et Archéologique du Périgord, la SHAP dont il fut le très actif Président
de 1992 à 2007.
Ces dernières années diminué
physiquement par la maladie et dans sa mobilité mais toujours aussi vif
intellectuellement, il ne conservera comme activité extérieure que sa
traditionnelle messe du mardi soir auquel il tenait temps en tant qu'aumônier
de l'Ecole Nationale de Police, il y retrouvait également ses amis fidèles qui
sont ici présents parmi nous.
Un nouveau livre sur la vie des Saints populaires
en Périgord était en préparation, le reste de son temps étant consacré à la prière.
Ses dernières apparitions à Tocane
remontaient à septembre dernier pour l'enterrement
de ma mère, il avait assisté le Père Robert pour la messe qui avait été célébrée dans cette
église et enfin un dernier déjeuner à Toussaint dans notre maison familiale.
Son souhait de reposer pour
l'éternité dans notre cimetière de Tocane, prouve son attachement intense à
notre village dont il chérissait également la Chapelle de Notre Dame de Perdux
et le culte de la Vierge Marie auquel il était très attaché.
Son départ le matin du 15 août est
sans doute un signe de la main de Dieu.
Merci mon cousin de nous avoir tant
apporté.
Philippe Pommarède
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