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Courrier des lecteurs

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Courrier - déc 2009 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
- Pour les amateurs de timbres relatifs à la Préhistoire, la Dordogne vient d’être gâtée par l’émission de quatre timbres consacrés à Lascaux par l’État de São Tomé e Príncipe. C’est un archipel volcanique de l’Atlantique sud, situé dans le golfe de Guinée, à 300 km des côtes du Gabon, portugais puis indépendant (200 000 habitants). Ces timbres (fig. 1) portent des photographies : l’un des bisons croupe à croupe de la Nef ; un cheval chinois du Diverticule axial ; la « licorne » ; le premier taureau de la Salle des Taureaux. Deux sont accompagnées de relevés de dessins rupestres du Levant espagnol, très anachroniques. L’image centrale du bloc est également un patchwork de dessins : un mammouth, les deux rennes de Font de Gaume, deux volcans, un reptile du Secondaire et un homme préhistorique fantaisiste.
 
- Le Dr Gilles Delluc ( Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir ) a retrouvé un souvenir du fils de Jean Jaurès sur les lieux de sa mort, près de Soissons. Loin de Nontron, sa ville natale. « Le village de Chaudun (Aisne), entre Soissons et Villers-Cotterêts, possède une rue Jean-Jaurès et, sous les platanes à l’entrée du bourg, un émouvant monument, inauguré par Léon Blum en 1936. Cette stèle est surmontée par le buste de Jean Jaurès (fig. 2). Mais l’inscription est la suivante : « Sur ce plateau est tombé Louis Jaurès, fils de Jean Jaurès, 3 juin 1918 ». Elle rappelle la mémoire du fils de Jean Jaurès et de son épouse Louise, né à Nontron le 27 août 1898. Paul, Auguste, Marie, Louis Jaurès était né à la sous-préfecture de cette ville assez fortuitement : sa mère était la fille de Jean Eugène Bois, sous-préfet de 1893 à 1899. Son père déclara lui-même l’enfant et lui fit donner le prénom de son propre frère, le futur vice-amiral Louis Jaurès. Jean Jaurès sera assassiné le 31 juillet 1914 par Raoul Villain. L’année suivante, Louis Jaurès, âgé de 17 ans, devance l’appel à Paris, au 2e bureau de la Seine. Engagé volontaire, il sert au 1er régiment de dragons puis au 10e bataillon de chasseurs à pied, sous les ordres du chef de bataillon Nicolas : « Quand on est le fils de Jean Jaurès, dit-il, on se doit de donner l’exemple. L’internationalisme philosophique n’est pas incompatible avec la défense de la Patrie ». Il trouve la mort à 20 ans, au cours de la bataille de l’Aisne, à la fin de la troisième offensive du général Erich Ludendorff, lancée le 27 mai depuis le Chemin des Dames. Elle fit en quelques jours 125 000 morts dans chaque camp. Mortellement blessé, le jeune aspirant meurt quelques heures plus tard à Prenant. Il sera cité à l’ordre de la Nation par le général Mangin et, le 6 juin 1922, il sera déclaré mort pour la France. Entre temps, Raoul Villain a été acquitté en mars 1919 et la veuve de Jean Jaurès contrainte de payer les frais de son procès... »
 
- M. François de La Clergerie ( Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir ; tél. : 05 53 53 32 63) « tient à la disposition des membres de la SHAP tout le fruit de ses recherches depuis 1993, soit plus de 500 dossiers correspondant à ses recherches par radiesthésie sur les tombes, châteaux et souterrains, surtout du Périgord et, également, une vitrine contenant des fossiles minéraux et archéologiques. »
 
- M. François Labrue  nous adresse une note sur l’immigration bretonne en Périgord au cours des années 1920, et tout particulièrement à Annesse-et-Beaulieu. Il se souvient que « pendant de nombreuses années, ces Bretons venaient à la messe du village, surtout les hommes dans leurs vêtements typiques (petit gilet court et coloré). On reconnaissait leurs noms de famille parce qu’ils commençaient par Le : par exemple, Le Goff, Le Laye. Ces agriculteurs avaient tous des chevaux pour travailler la terre et des vaches laitières pour fabriquer du beurre, qu’ils vendaient au porte à porte. Ils ne savaient pas « lier » une paire de boeufs. Parmi leurs coutumes, il ne fallait pas faire la lessive en novembre, car cela faisait mourir les hommes. » À cette époque le Finistère souffrait d’une insuffisance de fermes et de logements. C’est ainsi qu’une émigration bretonne fut organisée en Dordogne par les autorités concernées : les syndicats agricoles, le ministère de l’Agriculture, le préfet de la Dordogne, mais aussi les évêques de Quimper et de Périgueux. Les arrivées se firent « en 21 convois : 270 familles, entre 1921 et 1924 ; 300 familles en 1926 et 500 familles en 1930 (le mot famille est utilisé dans le sens de personnes d’une même famille,c’est-à-dire parents et enfants). En 1932, on recensa 20 000 hectares défrichés. On veilla à leur assurer assistance dans leurs démarches, leur adaptation, à les diriger dans des terres propres à leur culture : aussi ne les envoya-t-on pas dans le Bergeracois ou le Sarladais où on pratiquait la culture de la vigne et du tabac qu’ils ignoraient. Pour les encourager, l’abbé Sanchez, qui était vicaire près de Landernau et inspecteur des caisses rurales diocésaines, vint les visiter deux fois l’an. Puis en 1925, l’évêque de Quimper le nomma Aumônier des Bretons du Périgord. Il y eut pendant longtemps un grand pardon annuel qui rassemblait à Périgueux, Bretons en costumes traditionnels et Périgordins. » Le texte complet de cette note est déposé dans notre bibliothèque où il peut être consulté. Voir aussi : BSHAP, 1925, p. 46, 83, 141 ; 1968, p. 161 ; 2007, p. 232. Le Cheval d’Orgueil de P. J. Hélias (1975) fait état de cette migration.
 
- Mme Mercier, présidente de l’association des amis du musée de Petit- Bersac, rappelle que l’église de Petit-Bersac est de fonds roman (XIe et XIIe siècles). Malheureusement, comme l’écrit Jean Secret dans Les églises du Ribéracois (Périgueux, Fontas, 1958), elle « a perdu tout caractère lors de la restauration générale au XIXe siècle » (restauration de 1868 et reconstruction du clocher par Jules Mandin, architecte).
 
Courrier - sept 2009 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
  • À la suite de l’information fournie par M. Pierre Martial sur 53 colons de Montpon arrivés en Nouvelle-Calédonie en 1891 (BSHAP, 2009, p. 144), M. Franck Duhard ( Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir ) fournit les « précisions suivantes concernant 13 familles de Montpon parties sur le Yarra depuis Marseille vers la Nouvelle-Calédonie. Elles s’établirent en Ouaménie. Des photos d’une de leurs maisons “idylliques” ont paru dans le journal gratuit de Boulouparis en octobre 2007. Devant les mauvaises conditions rencontrées par ces colons, seulement quatre familles s’y établirent définitivement. Un livre est en préparation sur ce sujet (à paraître fin 2009). Une descendante de deux de ces familles (avec
laquelle je suis régulièrement en contact) vient en Périgord revoir les membres
de sa famille restés dans la région de Montpon ». M. Martial se tient à la
disposition des personnes intéressées pour plus de renseignements.
 
  • M. Pierre Martial ( Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir ) adresse des informations sur des Périgordins « timbrifiés » ou auteur de timbres. « Un timbre du Panama, des années trente, porte l’effigie d’Armand Reclus, frère d’Elysée Reclus : il participa au creusement du canal et en fut le premier directeur général. Deux artistes français ont illustré des timbres, gravés en taille douce par Claude Durrens : Roger Chapelet (1903-1995), affichiste et peintre officiel de la marine, originaire de Montpon, pour Le cap hornier l’Antoinette en 1971, Le terre-neuvas Côte d’Émeraude en 1972, Le cinq mats France II en 1973, Sauvetage en mer en 1974, La frégate la Melpomène en 1975 ; Marcel Deviers, d’Archignac, peintre et professeur de dessin, pour Les villes nouvelles en 1975. Les Prémontés à Pont-à-Mousson de Marcel Deviers a été gravé par Bequet.
Un article sur les Périgordins « timbrifiés » ou graveurs complèterait celui qui a été consacré aux sites de la Dordogne (BSHAP, 1999, p. 421-433).

  • M. Jean-Marie Védrenne ( Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir ) se souvient de l’abbé Jean Estay (voir notre dernier
Bulletin), il y a plus de 50 ans : « Enfant, au soir d’un pèlerinage à Fontpeyrine, j’ai vu arriver près de la fontaine un vieux prêtre aux cheveux longs, à la frêle silhouette genre curé d’Ars, tenant une vieille musette. Il distribua aux enfants qui se trouvaient là un couteau et leur demanda de racler la précieuse cire, reste des cierges qui avaient été piqués dans la tôle perforée qui existe encore.
En plus de toutes les inventions déjà citées, il avait aussi créé le “rat de cave”, une mèche en cire qui, ajustée au bout d’un bâton, servait à allumer les cierges dans les églises. Ce curé pittoresque alimentait les conversations, les gens s’adressaient à lui pour toute sorte de réparation. Je me souviens qu’un vieux facteur du Bugue avait grillé la magnéto de sa vieille Peugeot. L’abbé Estay avait réussi à la lui rebobiner. Allant à vélo du domicile de mes grands-parents maternels à Lalinde à celui de mes grands-parents paternels à Fleurac, j’ai eu l’occasion de porter à son presbytère des montres et des réveils appartenant à ses confrères. Le plus difficile était de récupérer l’objet car il n’était pas toujours là… »
 
  • M. Jean Christian de Cerval  se souvient lui aussi de l’abbé Estay avec émotion. « Je lui dois mon baptême dans la chapelle de Lasserre, concélébré le 28 septembre 1926 avec l’abbé Lassort, curé de Marquay. Mes souvenirs sont évidemment postérieurs. Nous ne manquions pas de suivre l’office dominical soit à Saint-Quentin, notre paroisse qu’il desservait, soit à Tamniès. Les prônes étaient vifs et les moments d’absence, dont il est fait mention, étaient fréquents. Nous prenions cela comme un état d’extase, souvent suivi d’un Dieu soit béni, que j’entends encore aujourd’hui. Bien après son affectation aux Eyzies, ses ouailles de Saint-Quentin et Tamniès parlait du saint homme qu’ils avaient connu. Dans les années 1930-35, il allait le jeudi soir dîner puis “philosopher” avec les Pères jésuites de Saint-Joseph à Sarlat. Rentrant à Tamniès et passant en voiture devant Lasserre, nous aimions entendre une série de klaxons pour, disait-il, donner sa bénédiction à la famille de Cerval. Je me souviens parfaitement duchien Gipou, dont la queue s’agitait par le trou de la lucarne de la Trèfle. Il eutaussi un Kiki. La Rosengard vint plus tard. Souvenirs encore de la Francomtoise de la cuisine, remise en marche après avoir bouilli dans une lessiveuse, du calendrier perpétuel, de la chaufferette, mais surtout des odeurs de pharmacopée du presbytère de Tamniès. Il usait abondamment de l’extrait d’ail au puissant
    impact olfactif pour les visiteurs. J’ai pu, avec quelques anciens de Tamniès, évoquer la célèbre fête votive locale, au cours de laquelle, manoeuvrant un essaim d’abeilles avec l’abbé Lassort, son acolyte de toujours, ils provoquèrent
    une panique générale dans le hameau. On crut à une mauvaise intention du curé. Il en était bien incapable.
 
  • M. Claude Dachary ( claude.dachary@wanadoofr), après avoir lu l’étonnante histoire de Jean Estay (BSHAP, 2009, p. 253-270), a été particulièrement intéressé par l’amitié qui le liait avec un certain abbé Valade. Il a connu un prêtre qui fut sans aucun doute l’ami de l’abbé Estay, tant les coïncidences sont nombreuses (hypothèse confirmée par le témoignage récent de la nièce de l’abbé Valade). « J’habite Prats-du-Périgord depuis 1954. J’ai côtoyé jusqu’à sa disparition le desservant de cette commune : l’abbé Valade (mort à Prats en 1976). Ce curé est né en 1899 au lieu-dit Le Petit-Salignac à Tamniès, où a officié, jusqu’en 1935, l’abbé Estay. Le jeune Valade avait 13 ans lorsque l’abbé Estay arriva à Tamniès. Toute l’adolescence du premier s’est déroulée en présence de l’abbé Estay. On peut présumer alors que le prêtre a joué un rôle important dans ladémarche religieuse du jeune Valade vers la prêtrise et que des liens amicaux se sont établis alors. Sa première messe, l’abbé Valade l’a dite à Tamniès sous l’égide de l’abbé Estay. Celui-ci, d’après la nièce de l’abbé Valade, l’initia aux mystères de l’horlogerie. Cet art, l’abbé Valade, comme l’abbé Estay, le mit au service des montres et des pendules de tous, croyants ou mécréants. Jean Estay visitait volontiers ses paroissiens sans exclusive ni trop de formalisme, comme l’abbé Valade, qui passait pour un franc-tireur auprès des collègues.
Enfin, tous deux étaient hors norme. En lisant votre texte sur l’abbé Estay, j’ai retrouvé, sur ces points de ressemblance, le curé que j’ai connu. Ayant réalisé, en 1995, la monographie de la commune de Prats-de-Périgord, j’avais tracé un bref portrait de l’abbé Valade, le bon pasteur, personnage atypique dans son milieu et pour qui j’avais une vraie sympathie ». Un exemplaire de cette monographie se trouve à la bibliothèque de la SHAP (portrait de l’abbé
Valade : p. 178-179).
 
  • M. Dominique Nasse ( Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir ) adresse un texte concernant l’église fortifiée de Saint-Fiacre de La Chapelle-Pommier (canton de Mareuil) (fig. 2). « Elle a été, par arrêté du Préfet de Région, inscrite le 16 décembre 2008 sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, pour son intérêt d’art et d’histoire et sa qualité architecturale. Cette petite église romane encore assez isolée remonte à la première moitié du XIIe siècle (1100-1150) (d’après les ouvrages de Jean Secret). Le clocher était, à l’origine, un clocher-mur et une toiture en casquette couvrait la petite abside en cul-de-four. Pendant la guerre de Cent Ans, une chambre de défense a été aménagée au-dessus du choeur. Elle tranche avec la pierre taillée du chevet, dont d’élégantes arcatures relient les contreforts. Le beau portail de Saint-Fiacre est du XIIIe siècle et il reste une cloche de 1686. Saint-Fiacre fut une église paroissiale jusqu’en 1827 : c’est pourquoi l’édifice se nomme église et non chapelle. Le village de La Chapelle-Pommier fut alorsrattaché à la commune de Champeau (dont la belle église Saint-Martin est déjà inscrite). »

  • Le Dr Gilles Delluc ( Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir ) s’est intéressé à la litre funèbre qui subsiste au chevet de « l’église romane du prieuré des bénédictines de Belaygue (rattachée à Boulouneix depuis 1806 et à La Gonterie-Boulouneixdepuis 1912), aujourd’hui bien dégagée. Elle avait fait l’objet d’une étude de M. et G. Ponceau qui signalaient deux blasons (BSHAP, 1960, p. 220-221). P. Pommarède rapporte que J. Secret remarqua avec eux « des restes de litre et des traces d’écusson » (Le Périgord des églises et des chapelles oubliées, 2002, p. 102). En fait, sur place, les restes d’une litre funèbre
    armoriée sont encore visibles sur le chevet (fig. 3), avec, à deux reprises, deux écus avec leurs supports (deux lions).
    Par le traitement d’images et le relevé graphique (fig. 4), le Dr Gilles Delluc a déchiffré :
    1 - À gauche, le blason des Bertin, « écartelé, au 1, d’azur à l’épée haute d’argent garnied’or ; au 2 et 3, d’argent à trois roses de gueules sur une terrasse de sinople, feuillées et tigées de même ; au chef d’azur chargé de trois étoiles d’or ; et au 4, d’azur au lion d’or » (voir modèle, fig. 5 à gauche) ;
    2 - À droite, celui des Saint-Chamans, noble famille creusoise (voir modèle, fig. 5 à droite), « de sinople à trois fasces d’argent, au chef engrélé de même (ou de gueules) ». Jean II Bertin, seigneur de Bourdeilles, maître des requêtes et conseiller honoraire au parlement de Bordeaux (Penaud (G.), Dictionnaire biographique du Périgord, Périgueux, éd. Fanlac, 1999), avait effectivement épousé le 15 août 1705, Marie Lucrèce de Saint-Chamans, dame de Frateaux. Il eut d’elle quatorze enfants dont Henri Bertin, ministre de Louis XV, et Louis Mathieu (alias le marquis de Frateaux) qu’il fit embastiller. Anobli le 4 août 1754, ce rude et riche personnage mourut la même année à Paris, ce qui permet de dater cette litre funèbre. Une litre avec le blason des Bertin courait aussi le long de l’église d’Annesse. Elle n’est plus lisible. »

  • On connaît l’histoire de Victor Adolphe Denoix (1884-1973), administrateur du Printemps et exploitant agricole à La Bachellerie. Fils d’un sénateur farouchement républicain, il fut le chef de la Milice en Dordogne de décembre 1943 à juin 1944, tragique période marquée par l’exécution de son épouse par des maquisards et par une intense chasse aux résistants. On sait moins qu’il s’était conduit en héros à Verdun en 1916 puis sur la ligne Maginot en 1940. M. Frédéric Dumait, spécialiste du secteur fortifié de Faulquemont (Moselle), apporte des précisions. Chef de bataillon de réserve, il eut une action héroïque sur la ligne Maginot abandonnée, sans troupes d’intervalle, aux seuls équipages de ses ouvrages le 13 juin. Laissé en arrière-garde dans son secteur fortifié de Faulquemont (Moselle) avec des éléments du 156e et du 146e RIF, il fut encerclé et attaqué à revers par la 167e DI allemande le 20 juin 1940, lors de l’offensive de la 1e Armée allemande du 14 juin par la trouée de la Sarre. Trois sur cinq de ses ouvrages résisteront, « le point le plus chaud de la ligne Maginot », à 40 mètres sous terre, jusqu’à l’armistice du 24 juin. Denoix sera fait prisonnier à sa sortie le 2 juillet. Déjà âgé, il sera vite libéré. Milicien, il s’éclipsera du Périgord en juin 1944 (Frédéric Dumait, in litt. mai 2009 et www.kerfent.com). Son fils, le futur Pr Pierre Denoix, chirurgien des hôpitaux de Paris et patron de l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif, sera résistant etrecevra la croix de guerre.

  • M. Pierre Martial ( Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir ) a consulté les catalogues des manuscrits et ouvrages volés par l’armée d’occupation (1940-1945). Il note entre autres des lettres de Talleyrand, de Rachilde et de Léon Bloy, des manuscrits (Rachilde) et surtout des livres rares (Bloy, Brantôme, Claretie, Élie Faure, Fénelon, Goudaud, Montaigne, Rachilde…).
 
Courrier - Juin 2009 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
- M. Jean-Marie Védrenne nous informait en octobre 2008 que la mairie des Farges envisageait des travaux de consolidation sur les ruines de la chapelle du Cheylard (fig. 1, photo J.-M. Védrenne). « Cette petite église, avec arc triomphal, avait été construite, comme cela était souvent l’usage au XIIe siècle, près du château. Elle était placée sous la protection de saint Barthélemy. Mais la population s’étant déplacée, une nouvelle église a été construite au village des Farges, à deux kilomètres de là, au XVIIe siècle. L’ancienne église, abandonnée, s’est désagrégée peu à peu et le cimetière qui l’entourait a disparu sous les chênes et les fougères. »
Actuellement, des travaux de nettoyage et de consolidation du bâtiment, qui n’est ni inscrit ni classé, sont en cours, surveillés attentivement par un architecte, grâce à une subvention de la Fondation du Patrimoine et à une souscription des habitants du village. Des éléments très intéressants apparaissent petit à petit : sarcophages, pavements…
 
- Le Dr Gilles Delluc indique que le château de l’Empéri à Salon-de-Provence abrite une grande collection d’objets appartenant au musée de l’Armée : uniformes, armements, fonds napoléonien. Un mannequin de général de brigade de cavalerie légère porte l’uniforme « à la hussarde », avec pelisse, ceinture-écharpe en résille d’or et de soie, sabre à la mameluk (fig. 2 à gauche). Il est mentionné qu’il est « inspiré du portrait du général Fournier-Sarlovèze, par Gros (Musée du Louvre) ». On se souvient que ce portrait est célèbre en raison de la présence d’un repentir : on aperçoit au moins deux jambes gauches (fig. 2 à droite). Dans ce musée sont présentés aussi de nombreux souvenirs de Bugeaud : burnous, lettres au général Pélissier…

- Répondant à la demande concernant Antoine Guillemet, « mort en Dordogne » (BSHAP, 2009, p. 147-148), M. Jean Vives  signale que ce peintre impressionniste a habité au château de la Gauterie (à Mareuil-sur-Belle), plus précisément à la maison de Rauquelaure, parfois encore appelée la « maison du peintre ». Les propriétaires de la Gauterie (ou la Gotherie) devaient être alors les Bentz. Ils l’auraient hébergé. Il est enterré, non loin, au cimetière de Saint-Pardoux et la tombe porte : « Antoine Guillemet, 1843-1918 / Cécile Guillemet, 1867-1953 / René Bentz, 1887- 1974 ». M. Jean-Louis Chamoulaud confirme le texte de l’épitaphe (fig. 3 : portrait du peintre et sa Falaise de Puys à marée basse, 1877).
Ajoutons qu’en 1908, le château appartenait à Me Augustin Bentz, avocat à Garches (Seine-et-Oise), et à son épouse, née Bonnet de Lalande, qui avaient deux fils, Olivier et Raoul (Annuaire du Tout-Sud-Ouest illustré). Mais pourquoi retrouve-t-on en Dordogne cet ami de Zola ? Ce peintre avait été son principal informateur pour L’OEuvre (1886) et il aurait été l’amant de Mme Zola avant qu’elle ne devînt l’épouse du romancier. Le « chaînon manquant » est peut-être représenté par le dessinateur Fernand Desmoulin (1853-1914). Il était né à Javerlhac et monta à Paris en 1871. Il fut lui aussi ami de Zola, familier des Soirées de Médan et soutien du romancier pendant l’affaire Dreyfus. Le couple Desmoulin venait se reposer l’été dans sa maison de Nontron et y recevait Parisiens et Brantômois. Brantôme hérita des collections de l’artiste, comme le rappelle la biographie rédigée par Marcel Belly (Nontron et le pays nontronnais, t. II, Périgueux, Pilote 24 édition, 1997).

- Suite à la note de M. André Goineaud-Bérard sur le quartz géant de Saint-Paul-la-Roche (BSHAP, 2008, p. 504), notre collègue, M. Jean Vanaerde , lui a adressé la copie d’un article de la revue Minéraux et fossiles, n° 7 de juillet 1975, sur la découverte et la description de cette « grande pyramide de quartz » par F. Arbey (copie déposée à la bibliothèque). La découverte de ce cristal pyramidal exceptionnel, dans une carrière de quartz exploitée depuis longtemps, était toute récente (environ six mois). La photographie fournie par M. Goineaud-Bérard, très analogue à celle qui illustre l’article de M. Arbey, date donc de cette époque.

- Mme Nelly Belle remercie notre compagnie car, grâce à nos archives, elle a pu retracer l’historique du château de Sallegourde à Chancelade, appelé aussi repaire de Clarens, depuis Gérard Arnaud, grand bourgeois, marchand drapier au XVe siècle, les Macanan (marquis), famille d’origine bordelaise au XVIe siècle, la Révolution et les biens nationaux, une ferme modèle en 1839, M. Lafforest en 1880 (avec son élevage de vers à soie et ses 350 têtes de bétail), la famille de Génis et, enfin, la colonie de vacances des PTT.

- Suite à l’article « Sem et le Tigre ». Xavier Chiron, président des Amis de Sem, écrit que Pierre Goursat (1914-1991), fondateur de la communauté de l’Emmanuel (avec une interne des hôpitaux de Paris), présente dans le monde entier, était le neveu de Sem, fils de son jeune frère Victor (Sem était le troisième de neuf enfants). Ce Périgordin d’origine, d’abord étudiant à l’École du Louvre, fut longtemps directeur de l’Office catholique du Cinéma français. Il a fondé des maisons d’édition et de publications scientifiques et culturelles. Il était proche du cardinal Suhard et le diocèse de Paris a demandé l’ouverture de son procès en béatification. La communauté de l’Emmanuel, selon ses statuts, « rassemble des fidèles (Christi fideles) de tous états de vie qui désirent s’engager ensemble dans une vie à la fois contemplative et apostolique au sein de l’Église catholique ».
 
 Le Dr Gilles Delluc nous signale un timbre sur Lascaux non cité dans son chapitre sur le sujet dans Petites énigmes et grands mystères (tome II, Périgueux, Pilote 24 édition, 2008, p. 71-94). Il s’agit d’un timbre commémorant le cinquantième anniversaire de la fondation de l’Unesco : la Vache qui saute et les poneys (fig. 4). La République de San Marin a choisi de « timbrifier » Lascaux, site inscrit en 1979 au Patrimoine mondial dans le cadre des grottes préhistoriques de la vallée de la Vézère. En juillet 2008, l’Unesco a accordé un sursis d’un an avant le classement de la grotte dans la triste liste des chefs d’oeuvre en péril. Ce timbre est le neuvième consacré à la grotte : un seul est français (le célèbre timbre du graveur Claude Durrens, exécuté en taille douce en 1968). En outre, un timbre consacré à Lascaux 2 (le grand Taureau), simplement reproduit en offset, vient de sortir de l’usine du Timbre (fig. 5). Comme il fait partie d’une série consacrée à l’Aquitaine, on ne le verra pas très souvent dans notre courrier.
 
Congrès annuel des sociétés savantes Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Le Congrès annuel des sociétés savantes, sous l’égide du comité des travaux historiques et scientifiques aura lieu du 20 avril au 25 avril 2009 à Bordeaux, au collège Alain Fournier, rue Saint Genès (près de la barrière Saint Genès) sur le thème suivant :
 
"
Célèbres ou obscurs. Hommes et femmes dans leurs territoires et leur histoire "
 
Lors de ce congrès seront présentées 480 communications dont la liste, les titres et les contenus se trouvent sur le site du CTHS :  www.cths.fr
 
L’inscription au congrès est gratuite pour les membres des sociétés savantes d’Aquitaine.

Ceux qui sont désireux de suivre les communications peuvent enregistrer leur inscription en ligne sur le site du congrès.

La SHAP tiendra un stand avec ses publications.